“Ils avaient parcouru treize kilomètres et étaient passés devant six pompes à essence.Ils avaient traversé trois ponts et étaient passés en dessous de cinq ponts. Ils avaient roulé à une vitesse moyenne de cinquante-trois virgule six kilomètres heure…” Ben, depuis qu’il sait compter, compte tout. Cela le rassure.
Ben est différent. Les médecins ont diagnostiqué une forme légère d’autisme. Il vit dans son monde, celui des jeux vidéos. Quotidiennement, il retrouve son ordi et joue à son jeu préféré “Lethal assault”.
Ben souffre ; il supporte mal de se rendre à l’école. En fait, ce n’est pas tellement l’école qu’il n’aime pas mais chaque matin, deux gars de son lycée technique l’attendent à l’arrêt de bus et passent leur temps à l’insulter, le menacer, le harceler, l’humilier…tout au long de la journée.
Ben n’en peut plus mais dans sa tête, il prépare un plan pour s’en sortir : un seul choix lui semble possible…
Publié en néerlandais, ce roman jeunesse de l’auteur belge, Nic Balthazar, est rapidement devenu un best-seller et a été adapté au théâtre puis en film.Il est ensuite paru, dans sa version française, aux Editions Mijade.
Dès les premières pages, on ressent vraiment la souffrance de Ben, toute cette violence qui s’abat sur lui et contre laquelle il ne peut rien. Le sentiment de vengeance est latent et tient le lecteur en haleine. Ben va-t-il, malgré tout, pouvoir se sortir de ce cercle infernal ? Pourrait-il, lui aussi, en arriver à commettre des actes aussi ignobles que ceux que lui font endurer ses compagnons de classe ?
Ce roman aux thèmes multiples (différence, solitude, harcèlement, autisme, révolte), d’abord destiné à un public “jeunes”, ne devrait laisser personne indifférent. Il montre que la cruauté est toujours bien une caractéristique du genre humain. Les enfants et les adolescents peuvent se montrer impitoyables et la cour de recré peut rapidement devenir un véritable enfer quand on est différent. D’où l’importance d’une société tolérante et respectueuse de tous.