La bibliothèque de Marchin / Modave

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Frank Bascombe : suite et fin septembre 9, 2009

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 4:13
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Avec “L’état des lieux”, Richard Ford termine sa trilogie consacrée à son personnage d’agent immobilier et ancien journaliste sportif, Frank Bascombe.

etatPrototype de l’américain issu de la classe moyenne, Bascombe règle ici définitivement ses comptes avec tout ce que la vie a pu générer en lui comme anxiété, stress et questionnement intérieur. A travers ses démêlés avec son ex-femme, ses différentes petites amies, son fils adolescent, ses collègues et/ou ses clients indécis, c’est à un véritable portrait de la middle-class américaine pré-11 septembre que nous convie Richard Ford.

Roman-fleuve, “L’état des lieux” brasse tant de thèmes qu’il se révèle impossible de les citer tous -on aborde l’éducation, la Déclaration d’Indépendance, en passant par le divorce, l’amour, la violence, la maladie ou la solitude- mais au final, le portrait de la société américaine qui s’en dégage se révèle passionnant et réaliste, tant il confine à l’universel. Parce qu’au-delà, l’intimité dans laquelle nous sommes plongés, celle d’un homme ‘comme tout le monde’ nous rappelle par bien des apects notre existence, celle de nos amis, de nos proches, mise en évidence par un écrivain d’un tel talent qu’il arrive à faire jaillir l’exceptionnel de situations apparemment banales. Voici à quoi nous convie Richard Ford : à faire attention, le plus souvent possible, à voir le bonheur là où il se trouve et à en profiter sur le moment même. Garder les yeux ouverts.

Souvent drôle, sans jamais se prendre au sérieux et évitant tout pathos ou toute leçon de morale, Richard Ford accorde néanmoins beaucoup d’importance aux paysages et aux villes que traversent ses personnages, ce qui a tendance à donner une allure “proustienne” à son texte. On entre dans ses livres (dans celui-ci comme dans les deux premiers volumes de l’histoire de F.B. : “Un week-end dans le Michigan” et “Indépendance”) tout en douceur, pour bien vite ne plus avoir envie de quitter son personnage principal.

Une lecture qui plaira aux amateurs de Jonathan Frantzen (“Les Corrections”) ou Elliot Perlman (“Ambiguités”), la découverte d’une voix et d’un propos captivants et d’une rare originalité.

 

Une partie du tout mai 29, 2009

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 9:37
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Jasper Dean n’a pas vécu une enfance classique. Peut-être parce que celle de son père, Martin, n’avait, elle non plus, rien de commun. Plongé accidentellement dans le coma avant ses dix ans, le jeune Martin se réveille quelques années plus tard, pratiquement sans aucune séquelle. Il a néanmoins manqué un grand évènement : la naissance de son demi-frère, Terry. La relation entre Terry et Martin va dès le départ se placer sous le signe d’un rapport dominé/dominant dans laquelle chacun des deux protagonistes occupera tantôt le rôle de soumis, tantôt celui de meneur. Cette rivalité -qui ne poussera jamais les deux garçons à se détester à proprement parler- perdurera jusqu’à la mort de Terry (qui aura entretemps acquis une certaine notoriété et une véritable renomée de ‘héros australien’), mais poursuivra Martin jusqu’à la fin de sa vie, puisqu’il sera à tout jamais considéré comme le ‘frère de Terry Dean’.

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Philosophe auto-didacte, touche-à-tout incapable de s’inscrire dans une quelconque routine, Martin exercera des dizaines de boulots, sans aucun rapport entre eux et parfois à la limite de la légalité. Cette existence de bâton de chaise ne sera pas sans conséquence sur l’éducation du jeune Jasper, qui hésitera toute sa vie entre détester et adorer ce père décidément pas comme les autres.

Véritable hymne à l’indépendance d’esprit, ce premier roman d’une jeune auteur australien ne ménage pas son lecteur : il nous plonge dans un torrent d’événements tous plus inimaginables les uns que les autres, ponctué de moments d’une rare drôlerie et/ou d’une profondeur ravigorante.

 

Notre stagiaire a aimé…la bd ‘Murena’ par Dufaux & Delaby avril 16, 2009

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 10:10

Murena est l’histoire d’un jeune patricien Romain. Ce conte débute sous le règne de l’empereur

Claude au Ier siècle après Jésus-Christ. Ce récit en images est centré sur la vie du héros,

Murena, mais aussi sur celle de Néron, fils adoptif de l’empereur de l’époque. En effet, poussé

par les ambitions de sa mère Agrippine, le jeune homme, plus qu’influencable, est destiné a un

avenir impérial. Murena se retrouvera lié au destin de ce jeune homme destiné aux plus hautes fonctions.

Tout ce qui attend notre héros n’est que malheur …

Cette saga est un bel exemple de ce qu’était la vie romaine et la politique de l’époque.

Mensonges, manipulations, meurtres, tromperies, …

Voici ce qu’était le quotidien de toute personne en cette période trouble.

Murena est donc une bande dessinée qui tente de dévoiler la Rome antique d’un point

de vue historique, tout en mélangeant à cela une intrigue

qui permet tout de suite de prendre goût à l’histoire.

Cette bande dessinée est actuellement disponible en six tomes chez Dargaud.

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“Le bal des ombres” De Gudule mars 26, 2009

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 9:06

Morgane, 15 ans, vit les derniers instants de son grand-père adoré. Sans savoir pourquoi, elle se retrouve avec lui dans le tunnel menant à l’Au-delà mais il est impossible pour le vieil homme de le franchir. Morgane va devoir remonter le temps afin de savoir ce qui empêche son papy de reposer en paix. bal-ombres

Peut-on modifier le passé afin d’améliorer le présent? Est-ce que tous les évènements de la vie sont irréversibles? Le passé est-il vraiment déterminant?

Ce sont autant de questions auxquelles Morgane devra répondre et autant de questions que nous nous sommes probablement déjà posées.

Ce roman pour la jeunesse est un bel exemple d’amour familial, de loyauté et de sincérité avec une pointe de mystère et une touche de fantastique. Il explique aux jeunes et aux moins jeunes l’importance de la vie, des êtres qui nous sont chers et de la mort.

 

“BenX” de Nic Balthazar mars 4, 2009

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 10:48

benx“Ils avaient parcouru treize kilomètres et étaient passés devant six pompes à essence.Ils avaient traversé trois ponts et étaient passés en dessous de cinq ponts. Ils avaient roulé à une vitesse moyenne de cinquante-trois virgule six kilomètres heure…” Ben, depuis qu’il sait compter, compte tout. Cela le rassure.

Ben est différent. Les médecins ont diagnostiqué une forme légère d’autisme. Il vit dans son monde, celui des jeux vidéos. Quotidiennement, il retrouve son ordi et joue à son jeu préféré “Lethal assault”.

Ben souffre ; il supporte mal de se rendre à l’école. En fait, ce n’est pas tellement l’école qu’il n’aime pas mais chaque matin, deux gars de son lycée technique l’attendent à l’arrêt de bus et passent leur temps à l’insulter, le menacer, le harceler, l’humilier…tout au long de la journée.

Ben n’en peut plus mais dans sa tête, il prépare un plan pour s’en sortir : un seul choix lui semble possible…

Publié en néerlandais, ce roman jeunesse de l’auteur belge, Nic Balthazar, est rapidement devenu un best-seller et a été adapté au théâtre puis en film.Il est ensuite paru, dans sa version française, aux Editions Mijade.

Dès les premières pages, on ressent vraiment la souffrance de Ben, toute cette violence qui s’abat sur lui et contre laquelle il ne peut rien. Le sentiment de vengeance est latent et tient le lecteur en haleine. Ben va-t-il, malgré tout, pouvoir se sortir de ce cercle infernal ? Pourrait-il, lui aussi, en arriver à commettre des actes aussi ignobles que ceux que lui font endurer ses compagnons de classe ?

Ce roman aux thèmes multiples (différence, solitude, harcèlement, autisme, révolte), d’abord  destiné à un public “jeunes”, ne devrait laisser personne indifférent. Il montre que la cruauté est toujours bien une caractéristique du genre humain. Les enfants et les adolescents peuvent se montrer impitoyables et  la cour de recré peut rapidement devenir un véritable enfer quand on est différent. D’où l’importance d’une société tolérante et respectueuse de tous.

 

Le nouveau roman d’Olivier Adam : “Des vents contraires” février 17, 2009

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 5:03

Quand Paul Anderen décide de quitter la région parisienne et de rejoindre la Bretagne, cela fait un an qu’il est sans nouvelles de sa femme Sarah. Partie pour son travail, un matin, comme à l’habitude, elle n’a plus donné signe de vie.

Paul et ses 2 jeunes enfants ont tenté de reconstruire le quotidien et de survivre malgré tout. Tous 3 sont épuisés, et ce déménagement à Saint-Malo (où il a vécu enfant) va leur permettre, pense-t-il, de reprendre pied, de recoller les morceaux. Son frère Alex lui a proposé un job comme moniteur de conduite au sein de l’auto-école familiale…

Leur nouvelle vie croisera le chemin d’autres personnages, tous un peu écorchés et oubliés par la vie. vents-contraires

Dans ce récit boulversant, Olivier Adam aborde la thématique de l’absence mais aussi celle de la paternité, au quotidien, pour un homme qui a perdu ses propres repères et qui ne trouve pas de réponses aux questions de ses enfants.

Les personnages sont tous très attachants ; l’ambiance bien que triste et mélancoliquer laisse néanmoins transparaître la lumière : celle de l’amour que ce père porte à ses enfants et aussi l’espoir qui fait que la vie continue, malgré tout, même quand des vents contraires veulent nous empêcher d’y croire.

Pour celles et ceux qui ont envie de découvrir la Bretagne, Olivier Adam nous offre aussi, au travers de ce roman, une belle description de la Côte d’Emeraude, pendant l’arrière-saison. Celle-ci participe grandement à l’atmosphère qui se dégage du roman, même si elle alourdit parfois un peu le récit.

 

A découvrir : la collection Nathan poche juin 13, 2008

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 10:03

La collection Nathan poche se décline pour toutes les tranches d’âge, du lecteur débutant au jeune adolescent. Pour chaque âge, le lecteur peut faire son choix parmi des histoires en science-fiction, policier, aventure, humour mais aussi “c’est la vie !”. Dans cette dernière catégorie, on retrouve des récits qui abordent la vie de tous les jours, ce qui fait notre quotidien, notre bonheur, notre malheur parfois aussi…

Avec tout mon amour“, (Nathan poche, 12 ans et +, c’est la vie !). Un roman court, des personnages attachants. L’histoire d’une famille : 4 enfants et leur maman. Le papa est parti sans rien dire, trois ans plus tôt. Puis, un beau jour, il réapparaît et souhaite revoir ses enfants… Et c’est un nouveau chamboulement, pour tous. Mais petit à petit, une nouvelle vie se met en place, grâce à l’amour que les parents portent à leurs enfants, soucieux de leur équilibre et souhaitant le meilleur pour eux…

Pour les enfants qui apprennent à lire, l’éditeur propose de courtes histoires, hautes en couleurs et qui peuvent se lire à deux voix. Le texte qui apparaît dans les bulles est réservé au jeune lecteur ; le reste, plus long, sera lu par un adulte ou un enfant plus âgé.

T’es trop moche, Jim Caboche” (Nathan poche, premières lectures, aventure) : c’est l’histoire d’Arno qui a très envie de jouer aux pirates avec son papa. Mais Papa n’a pas le temps… Et pourtant, quand il revêt un costume, porté naguère lors d’un bal costumé, Papa – devenu Jim Caboche se prend au jeu et défie Arno – Tom-sans-Peur.

De chouettes moments de lecture, à partager… N’hésitez pas à nous rendre une petite visite, ces deux livres et beaucoup d’autres sont à votre disposition, à la bibliothèque.

 

Chaos calme juin 7, 2008

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 9:26
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Cadre haut placé d’une société de communication, Pietro Palladini décide un beau matin de ne plus aller au travail. Dorénavant, il passera ses journées devant l’école de sa fille. Parce que voilà bien ce qui est important à présent dans sa vie : sa fille. Il sera là tout le temps pour elle. Contrairement à ce qu’il pensait, cette décision ne va pas entraîner son renvoi de la société. D’abord interloqués, suspicieux et curieux, ses collègues vont finalement accepter cette décision : son boulot, Pietro, l’accomplira aussi bien de là-bas, devant cette école, qu’ici, derrière son bureau. Sa voiture est équipée d’un fax et, de nos jours, tout ne se règle-t-il pas par GSM? Et puis, si lui ne déplace pas, il ne tient qu’à eux de le faire. Et c’est effectivement ce qui va arriver. La voiture de Pietro va devenir l’endroit à la mode pour ses amis, collègues et connaissances…et celui qui est censé souffrir le plus, c’est-à-dire lui, Pietro, qui vient de perdre sa femme au moment où il en sauvait une autre de la noyade, ce qui l’a poussé à cette étrange décision de ne plus bouger de l’école de sa fille, va devenir le confesseur des petits et grands malheurs des autres…

Une personne, suite au décès inopiné de sa femme, décide de revoir ses priorités. De ne plus aller au travail sans pour autant démissionner. On prévoit le chaos. Qui ne vient finalement pas, ou qui se révèle très mesuré. Alors que Pietro s’attend à être pris d’assaut par le chagrin et à voir sa fille déprimer, rien ne se passe. Le ‘coup sur la tête’ ne vient ni pour l’un ni pour l’autre. Bien sûr, la mort de leur mère et femme les attriste, mais leur vie n’en paraît pas fondamentalement boulversée. Elle continue. C’est le ‘chaos calme’…

Ecrit à la première personne, ‘Chaos calme’ brasse de multiples thèmes : la mort bien sûr, mais également les relations familiales, les liens père-fille, la vie en entreprise, le hasard, la société de consommation etc etc…le tout sans jamais prendre la tête du lecteur. Même s’il ne se passe finalement pas grand chose, le récit passionne dès le départ, par son alternance de petites phrases justes et réfléchies et de passages extrêmement drôles, voire franchement hilarants. Surprenant, profond….passionnant.

“Chaos calme’ de Sandro Veronesi, Grasset, 2008, 504p.

 

Frank Elder : 3ème épisode mai 30, 2008

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 12:42
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Après ‘De chair et de sang’ et ‘De cendre et d’os’, ‘D’ombre et de lumière’ vient superbement conclure le cycle que John Harvey a consacré à Frank Elder. Cette fois encore, c’est un coup de fil qui tire Elder, ancien inspecteur de police, de sa retraite. Son ex-femme, Joanne, lui demande son aide afin de retrouver la trace de Claire Meecham, une amie disparue il y a quelques jours à Nottingham. Alors que d’habitude, Frank rechigne et se fait prier pour quitter sa petite maison perdue en Cornouailles, cette fois, il accède assez rapidement à la demande d’aide de Joanne. Sans doute se dit-il que ce sera l’occasion de revoir Katherine, sa fille. Celle-ci avait été impliquée dans la première enquête de ce cycle, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’en était pas ressortie indemne. Depuis lors, les relations entre le père et la fille restaient tendues.

Comme dans un épisode de la série télé ‘FBI : portés disparus’, Elder va tenter de cerner la personnalité de Claire, parce que ‘plus nous en apprendrons sur elle, plus nous aurons de chance de découvrir l’endroit où elle se trouve’.

Après quelques jours, son enquête va lui en rappeler une autre, inaboutie et datant de 1997. Elle concernait aussi une femme, Irène Fowler, proche par l’âge et la classe sociale de Claire Meecham. Alors que s’affirment les points communs entre les deux affaires, Elder doute de la logique de son implication et pense rentrer en Cornouailles. Maureen, son ancienne collègue, l’en dissuade : ‘Ce dossier, tu le connais mieux que personne. Et puis, tu sais combien d’enquêtes nous menons de front en ce moment même ? Combien de meurtres ont été commis ici, depuis le premier de l’an ?’.

Par rapport aux précédents polars de John Harvey et en admettant que cela soit possible, cette intrigue se révèle encore plus révélatrice de la noirceur de certaines âmes et plus effrayante dans son illustration du destin implacable qui attend leurs victimes. Si Claire et Irène n’avaient pas rencontré telle personne, si elles ne s’étaient pas rendues à tel endroit…sans doute leur joie de vivre illuminerait-elle encore leurs proches. Harvey n’a pas changé son fusil d’épaule. Encore une fois, Harvey appuie là où cela fait mal. Les zones d’ombres de notre société, ces saletés que l’on camoufle sous le tapis, il ne peut s’empêcher d’y jeter une lumière crue. La violence démesurée et banalisée qui gagne sans cesse du terrain. Et les moyens pour l’endiguer, de plus en plus réduits. Comme un Mankell ou un Rankin (qu’il salue d’ailleurs en ces pages), il prend fait et cause pour ces policiers de terrain, soldats de première ligne, confrontés trop souvent à l’horreur et débordés de toutes parts. Et c’est sans doute pour cela qu’il prend soin de leur ménager l’une ou l’autre éclaircie : en écho à ce dernier titre, il laisse à ses lecteurs le soin de décider si la vie d’Elder va basculer de l’ombre vers un peu de lumière…

(D’ombre et de lumière, par John Harvey, Paris : Payot et Rivages, 2008 (Collection ‘Rivages/Thriller’)

 

‘La Vague’ : un roman qui démasque le nazisme avril 11, 2008

Classé dans : coups de coeur — biblimarchinmodave @ 9:12
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Dans le cadre de son cours d’histoire sur la Deuxième Guerre Mondiale, Ben Ross se trouve embarrassé par la question d’un de ses étudiants : ‘Comment les Allemands ont-ils pu laisser les nazis assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer, qu’ils n’en savaient rien? Comment ont-ils pu faire une chose pareille? Comment ont-ils même pu dire une chose pareille?

Bien sûr, il tente d’argumenter sur l’organisation à ce point rigoureuse des nazis qu’elle les rendait

redoutables pour le reste de la population : oser se rebeller équivalait à se condamner…Mais sa réponse le laisse lui-même sur sa faim. Comment expliquer à des jeunes gens de la fin du 20e siècle que tout un peuple ait laissé une minorité exterminer purement et simplement 6 millions de juifs?

Le lendemain, il met en pratique l’idée de créer, au sein de sa classe, un mouvement ‘fictif’ destiné à faire comprendre aux étudiants les mécanismes du nazisme. Le nom du mouvement : ‘La

vague’, son slogan : ‘La Force par la Discipline, La Force par la Communauté, La Force par l’Action’. En quelques jours, la majorité des étudiants vont volontairement laisser de côté tout esprit critique et tout libre arbitre pour s’abandonner aux préceptes du groupe…

Basé sur une expérience réelle ayant eu lieu dans une école des Etats-Unis dans les années ‘70, “La Vague” illustre, dans un style simple et dépouillé, la fragilité des libertés individuelles, la force

de l’esprit de groupe et comment une collectivité soudée par des slogans forts peut très vite forcer l’individu à agir contre ce qu’il croyait être ses principes de base.

Même s’il est porteur d’un message presque pédagogique, le roman n’est jamais ennuyeux, les personnages se révèlent crédibles et attachants, l’auteur recourt largement aux dialogues et le cadre d’une école et des relations entre jeunes sera familier pour le public adolescent auxquel il est destiné. Toutefois, tant dans son propos que dans sa forme, “La vague” reste une lecture interpellante à tout âge…

La Vague / Todd Strasser. – Paris : Jean-Claude Gawsewitch Editeur, 2008. – 221 p. -