Travail scolaire sur les réfugiés espagnols

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Vous êtes nombreux, étudiants de l’Athénée Royal Prince Baudouin, à effectuer des recherches sur la Guerre Civile espagnole et sur les réfugiés arrivés à Marchin dès 1937. Plusieurs d’entre vous nous ont déjà rendu visite.

Petite info pour tous ceux qui cherchent encore : nous avons rassemblé en salle de lecture toute la documentation dont nous disposions à ce sujet.

Il s’agit notamment de deux ouvrages édités pour les jeunes sur la Guerre Civile en général et de deux recueils de témoignages de réfugiés. Parmi ces témoignages, certains concernent des personnes ayant transité par Marchin.

Afin de venir en aide au plus grand nombre d’entre vous, ces documents peuvent être consultés et photocopiés, mais pas empruntés.

Trois nouvelles séries manga

Les mangas ont le vent en poupe auprès des jeunes –et de certains moins jeunes- lecteurs. A l’image des séries de bandes dessinées, il en est de très bonne qualité comme de moins recommandables. Celles-ci nous ont été conseillées par des confrères bibliothécaires et par un passionné du genre.

Elles prennent place parmi les autres séries que nous mettions déjà à votre disposition et sont dès aujourd’hui prêts à être découvertes.

silent-voice1« A silent voice » de Ōima, Yoshitoki

Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.
Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.
Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…

(Source : http://www.manga-news.com/)

(Série complète en 7 tomes, tous âges)

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Yuzuru n’est guère enchanté d’aller dans une nouvelle école. Pas très sociable, il préfère être seul et serait même prêt à souhaiter la mort de ses nouveaux camarades pour ne pas affronter cette épreuve… Lorsqu’il arrive dans sa nouvelle classe, le drame commence : tous les élèves et le professeur sont morts, allongés sur le sol. Encore sous le choc et dans un état de panique total, Wabiko, une jeune fille qui prétend être Dieu, entre en contact avec lui. Elle le plonge dans un dilemme infernal et lui demande de choisir qui elle doit ressusciter et qui elle doit laisser pour mort. Un choix impossible…

(Source : http://www.manga-news.com/)

(Série en cours, 7 tomes parus. A partir de 13 ans)

last-heroLast Hero Inuyashiki

À 58 ans, Ichiro Inuyashiki est loin d’être un modèle pour ses enfants. Vieux avant l’âge, méprisé de tous, il a vécu toute sa vie en employé de bureau minable et n’a pour toute amie que sa chienne Hanako. Comme si cela ne suffisait pas, on lui diagnostique un cancer en phase terminale lors d’un examen de routine… C’en est trop pour le pauvre vieillard. Alors qu’il pleure de désespoir dans un parc en pleine nuit, une lumière aveuglante apparaît… et c’est l’impact !
À son réveil, étendu dans l’herbe, Inuyashiki n’est plus le même. Il a été transformé en cyborg surpuissant, libre de faire ce qu’il veut de ses nouveaux pouvoirs, le meilleur comme le pire. Et il n’est pas le seul dans ce cas…

(Source : http://www.manga-news.com/)

(Série en cours, 5 tomes parus. A partir de 15 ans)

Une passionnante plongée dans l’histoire récente avec Paul Colize

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C’est poussé par son éditeur que Stanislas Kervyn avait accepté de participer à cette émission littéraire. Il devait y « vendre » l’enquête qu’il venait de publier sur une tuerie qui avait lieu au Caire en 1954, tuerie dont son père fut une des 40 victimes. L’affaire n’ayant jamais été résolue, son éditeur lui avait fait miroiter l’espoir qu’un téléspectateur le contacte ensuite pour lui apporter des éclaircissements inédits. Stanislas n’y croyait guère et pourtant, en fin d’émission, l’inespéré se produit.

Parallèlement, nous suivons le parcours de Nathan Katz, un jeune juif rescapé des camps, qui arrive à New York en 1948 pour essayer de reconstruire sa vie. Il est rapidement repéré par « Le Chat », une organisation secrète prête à exploiter sa colère et sa haine envers les tortionnaires nazis auxquels lui, sa famille et son peuple doivent tant de malheurs.

Au fil des pages, le lien entre les deux parcours –celui de Kervyn, homme d’affaires richissime, hautain, sûr de lui et sans doute marqué par la mort de ce père qu’il a trop connu- et celui de Nathan, obnubilé par sa mission, va progressivement s’éclaircir.

L’ensemble donne un roman grave, une intrigue en forme de thriller historique, habitée par des personnages aux traits de caractère souvent peu engageants, mais auxquels, avec un rien d’empathie, on peut à tout le moins reconnaître des raisons d’être comme ils sont. Et c’est sans doute pour cela qu’ils nous habitent longtemps. Passionnant !

(Paul Colize sera notre invité le 14 octobre prochain, plusieurs exemplaires de ses romans vous attendent à la bibliothèque).

Braquages en Belgique

Bruxelles, février 2013

Complètement débordé et n’ayant pas de temps à consacrer à un nouveau dossier, l’avocat Jean Villemont promet, un peu malgré lui, à Adel Bachir, d’aller rendre visite à son fils qui vient d’être incarcéré à la prison de Forest.

Akim Bachir aurait tenté de braquer un bureau de poste et pris un témoin en otage, tout cela quasiment sous les yeux de la police… Cette affaire n’a guère de sens pour Jean. Pourquoi ce pauvre homme se serait-il jeté ainsi dans la gueule du loup ?

Au cours de ce même mois de février, un groupe d’individus pénètre au volant de grosses cylindrées dans la zone de l’aéroport de Zaventem et s’empare en quelques minutes à peine, sans le moindre coup de feu ni de blessé, d’un pactole de diamants dont la valeur est estimée à quelque 50 millions de dollars.concerto

Frank Jammet, braqueur repenti, qui mit sur pieds de nombreux braquages de fourgons dans les années 90, faisait-il partie de ce groupe ? Aurait-il replongé ? La police ne dispose pas du moindre indice qui pourrait l’incriminer.

Examinant les deux affaires en parallèle, Paul Colize nous emmène à travers les rues de Bruxelles et nous fait découvrir ce monde de gangsters dans un roman à l’écriture fluide et très bien documenté. Mêlant fiction et Histoire, il insuffle à son récit un rythme intéressant, alternant les points de vue et les époques, et tente de percer le mystère Franck Jammet et de comprendre si ces deux affaires pourraient être liées. Un polar captivant !

(Paul Colize sera notre invité le 14 octobre prochain, plusieurs exemplaires de ses romans vous attendent à la bibliothèque).

La Fureur de Lire dans vos bibliothèques : le programme

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Un polar qui déménage!

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Avocat très connu à Bruxelles, spécialisé dans les affaires de divorce, Hugues Tonnon ne commet pas souvent d’erreur. Celle qui consiste à partager un repas avec une de ses clientes, puis à passer une partie de la nuit avec elle, en temps normal, il l’aurait évitée. Mais voilà, outre le fait que Nolwenn Blackwell, la cliente en question,  présente une plastique qui ne laisse aucun homme indifférent, il avait quelque peu forcé sur le vin durant le dit repas. La belle lui ayant demandé de la raccompagner, la galanterie de Tonnon avait parlé et une chose en entraînant une autre… Tout cela n’aurait sans doute pas porté à conséquence si le lendemain matin, l’avocat n’avait été réveillé par la police venue lui annoncer que le cadavre de Nolwenn avait été retrouvé à son domicile.

Il en faut peu pour réduire une bonne réputation à néant : une affaire légèrement scabreuse, des photos dans la presse à sensation et un flic hargneux croyant dur comme fer à la culpabilité de Tonnon ont suffit à faire de celui-ci un fugitif façon Harisson Ford dans le film du même nom. Pressé de toutes parts, l’avocat ne trouve effectivement pas d’autre solution que de mener lui-même l’enquête afin de démasquer le véritable coupable. Il devra voyager par monts et par vaux, affronter bien des périls en diverses contrées, accompagné par une journaliste à l’humeur exécrable et aux motivations peu claires. Echevelées et souvent très drôles, ses pérégrinations se révèlent crédibles et procurent un véritable plaisir de lecture qu’il serait dommage de bouder.

(Paul Colize sera notre invité le 14 octobre prochain, plusieurs exemplaires de ses romans vous attendent à la bibliothèque).

Un peu de Sempé en nos murs…

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Le Centre Culturel de Marchin accueille en ce moment une exposition d’œuvres de Jean-Jacques Sempé.

Nous avons le plaisir de vous proposer cinq dessins de ce grand humoriste français, cinq dessins tendres et drôles, que vous découvrirez lors de votre prochaine visite à la bibliothèque et qui, nous l’espérons, vous donneront l’envie de visiter l’expo principale d’ici le 15 août.

Dites-le avec des fleurs…

Une très sympathique initiative de la classe de 4ème primaire de l’école communale de Belle-Maison!

Attristés par l’état des bacs à fleurs se trouvant devant la bibliothèque, les enfants, motivés et encadrés par leur institutrice Mme Baggio, ont entamé un nettoyage en règle des bacs en question, avant de joliment les garnir.

Un vrai travail de pro, réalisé avec l’appui du service des travaux de la commune! Merci à tous!

 

Lus et approuvés par vos bibliothécaires

crane« Crâne » de Patrick Declerck

Patrick Declerck est un auteur belge qui s’est notamment fait connaître par une étonnante enquête publiée en 2001 et intitulée « Les Naufragés ». Dans ce récit-témoignage, il racontait son immersion de plusieurs mois parmi les clochards de Paris. Plusieurs romans et recueils de nouvelles ont suivi (« Socrate dans la nuit », « Démons me turlupinant ») écrits dans une langue riche, très imagée et empreints d’un sens de l’humour acide, ultra-réaliste et sans concession. Avec « Crâne », Declerck ne se dépare pas de ce style si caractéristique pour nous faire vivre un épisode marquant de la vie de son double en littérature, Alexandre Nacht, personnage principal de ce roman, atteint depuis plusieurs années d’une tumeur au cerveau. L’épisode marquant en question, c’est le passage quasi obligé, ou fortement recommandé, par la table d’opération afin d’en extraire le maximum de cet indésirable hôte. Lequel passage est précédé d’une série de rencontres avec divers membres du corps médical, entrecoupés de moments d’introspection dans lesquels Nacht évalue sa vie, l’importance de celle-ci au regard de l’histoire humaine, le chagrin que sa mort causerait à ses proches et finalement, sa propre envie de poursuivre l’aventure terrestre. Au long de ces dialogues avec les praticiens et avec lui-même, ce sont ses valeurs que Nacht partage : sa passion pour la littérature, sa fraternité envers quelques humains, son mépris pour les imbéciles et son amour sans limite pour sa chienne.  En moins de 200 pages, il nous livre ainsi, du rire aux presque larmes, un texte touchant par sa sincérité et sa totale absence de complaisance.

interet enfant« L’intérêt de l’enfant » de Ian McEwan

Fiona Maye, 59 ans, est magistrat, à la tête d’une brillante carrière pour laquelle elle a délaissé sa vie personnelle et son époux, Jack, professeur d’histoire. De commun accord, ils ont mis de côté leur désir d’enfant, puis l’ont abandonné au fil des années, privilégiant leurs vies professionnelles respectives. En ce mois de mai, Jack lui annonce qu’il est las de leur vie sans intimité; il veut vivre une grande passion avant de sentir davantage que la vieillesse le rattrape.

Le lendemain, au tribunal, en sa qualité de juge aux affaires familiales, Fiona doit se prononcer sur une affaire particulière : Adam, un jeune homme de dix-sept ans est atteint d’une leucémie et risque la mort si ses parents s’obstinent à refuser, pour des croyances religieuses, la transfusion sanguine qui pourrait lui sauver la vie. Les médecins ont décidé de s’en remettre à la cour. Fiona entend donc les deux parties puis décide sur un coup de tête de se rendre à l’hôpital pour entendre le jeune homme. Une rencontre qui sera tout sauf banale …

Ian McEwan, au travers de ce portrait de femme, emmène ses lecteurs dans le monde froid et sans compassion des tribunaux, sujet sur lequel on comprend rapidement que l’auteur s’est très bien documenté. Il parvient grâce à son élégante écriture à insuffler une forme de musicalité à son récit. En confrontant le droit à la foi, il nous informe mais ne pose pas de jugement : un défi réussi quand on aborde un sujet aussi sensible que celui de la vie d’un enfant. Ian McEwan mêle également avec beaucoup de justesse les préoccupations personnelles et professionnelles de son héroïne. Un roman court et fort à découvrir !

Quelques suggestions de lecture

la_couleur_de_leau« La couleur de l’eau » de Kerry Hudson 

Alena, jeune femme originaire de Russie arrive à Londres, attirée par les lumières de l’Europe de l’ouest, avec l’espoir de décrocher un bon boulot et de faire vivre sa mère restée en Russie. C’est malheureusement une réalité bien plus sordide qui devient son quotidien. Quelque temps plus tard, alors qu’elle a pu échapper à cet enfer, elle croise le chemin de David, vigile dans un luxueux magasin londonien. Cette première rencontre n’a pourtant rien d’agréable : Alena s’est fait prendre chaussures neuves aux pieds et doit maintenant s’expliquer, face au beau jeune homme, sur son comportement. Pour une raison qui lui échappe, David laisse finalement la jeune femme s’en aller, sans aucune poursuite.

Le soir même, à la fermeture du magasin, elle est là à l’attendre et lui propose de lui offrir un verre pour le remercier de lui avoir évité de sérieux ennuis.

Commence alors pour ces deux êtres écorchés par la vie leur histoire. Se découvrir, s’apprivoiser sans jamais aller toucher à cette sphère si privée dont chacun ne veut rien dévoiler à l’autre. Qu’a vécu Alena en arrivant à Londres et d’où vient-elle exactement ? Pourquoi David  se retrouve-t-il dans ce minuscule appartement, à quelques pas de la cité où il a grandi, traînant avec lui un passé qu’il refuse d’aborder ?

Kerry Hudson dresse dans ce magnifique roman un portrait social : récit d’une rencontre improbable entre des univers empreints de violence et de douleur, dont sont issus deux personnages aux fortes personnalités. Une histoire d’un amour pas banal dont les détails nous font voyager de Londres à la Sibérie ; une écriture tout en finesse et en sensibilité qui participe à rendre ces deux êtres particulièrement attachants et qui nous invite à découvrir leurs faiblesses mais aussi leurs espoirs.

quatuor« Quatuor » d’Anna Enquist

Quatre amis se réunissent régulièrement pour jouer les morceaux de musique classique qu’ils aiment. Cette pratique leur permet de s’évader d’une vie de famille pesante ou de relativiser leurs contraintes professionnelles. Nous sommes aux Pays-Bas, dans une ville qui pourrait bien être Amsterdam, dans un futur proche, très proche. Au travers des existences respectives des 4 amis, ce sont divers aspects de la société actuelle et de ce qu’elle pourrait devenir qu’ausculte l’auteur. Les deux femmes du quatuor, Caroline et Heleen,  exercent dans le domaine médical. Leur constat est amer : baisse de la qualité des soins pour les malades défavorisés, perte de lien non seulement avec les patients mais également avec leurs confrères, et personnes âgées relégués dans des mouroirs. Le premier violon, Hugo, voit quant à lui le centre culturel qu’il dirige sombrer lentement, faute de soutien de la ville. Là encore, triste constat : la culture, ça ne sert à rien, ce n’est pas rentable, éteignez les projecteurs. L’alto, Jochem, est luthier et porte en lui le poids des relations difficiles avec son épouse, depuis l’évènement qui a bouleversé leur couple quelques mois plus tôt.

Grave mais pas larmoyant, ce dernier roman d’Anna Enquist ne fait finalement que relever des dérives sociétales aisément identifiables pour tout qui s’informe un minimum. Pas besoin de procéder à d’intenses recherches pour constater que les moyens des services publics –et donc de la culture et des soins- sont sans cesse rabotés. La force du roman est de pointer ces phénomènes en les donnant à éprouver et à critiquer par des gens comme vous et moi. Puis de montrer comment ces derniers arrivent, malgré tout, à vivre. Ce qu’ils mettent en place comme barrières. Ici, à côté des petits gestes de solidarité, ce sera principalement de musique qu’il sera question. Et la moindre des qualités de ce très beau texte n’est certainement de communiquer à quel point Mozart, Schubert ou Dvorak peuvent faire du bien.

3 jours et une vie« Trois jours et une vie » de Pierre Lemaître

Après son roman situé dans la lignée de la Première Guerre mondiale –« Au revoir là-haut »- qui lui avait valu le prix Goncourt, Pierre Lemaître nous entraîne, avec ce nouveau titre, dans une petite ville de province à priori sans histoire. Sa tranquillité sera bousculée en 1999, par la disparition d’un très jeune garçon, Rémi Desmedt. C’est au principal protagoniste de l’affaire que s’attache l’auteur en le suivant, d’abord pendant les 3 jours qui suivent directement la disparition, puis en le retrouvant à des moments-clés de son existence. En suivant le parcours de cet homme ni plus mauvais ni meilleur qu’un autre, c’est  presque dans ses pas que nous nous retrouvons et sa peur, sa culpabilité, sa détermination, son abattement et sa résignation deviennent nôtres. Passionnante et captivante de bout en bout, l’intrigue de Pierre Lemaître se donne des airs de thriller tout en décortiquant le quotidien d’une petite communauté. Les vieilles haines familiales et les rancœurs aux origines vagues, les médisances et les jugements hâtifs balisent un récit dans lequel l’auteur semble parfois décortiquer les sentiments humains au scalpel, à la manière d’un Simenon. Plus proche de nous, le mélange de suspense et la finesse psychologique nous font penser à un autre belge : Armel Job. Assurément un excellent texte, duquel on a bien du mal à se détacher et qui ménage son suspense jusqu’aux toutes dernières phrases.

mediocratie« La médiocratie » d’Alain Deneault

Ecrit par le philosophe canadien Alain Deneault, « La médiocratie » brosse à la manière d’un récit, une image bien peu reluisante de notre époque. De nombreux thèmes sont abordés et exemplifiés, parfois à l’appui de références strictement canadiennes qui n’éveillent donc que peu d’écho ici, mais c’est bien le seuil écueil à cette lecture. En débutant avec le travail universitaire, Deneault montre à quel point la course à la publication à tout prix, les recherches de subsides et les liens trop étroits avec le privé pervertissent le système d’enseignement. La réalité qui est tordue par des jeux de langages, la toute-puissance des experts au cœur d’un monde où prime le tout-économique, les politiques devenus des gestionnaires et la culture qui se doit d’être rentable sont quelques-uns des domaines qui, parmi d’autres, se voient joliment mis en difficulté par le philosophe. Abordable et ouvrant la porte à d’autres lectures, un petit essai qui décape et conscientise.