Enquête : la bibliothèque de vos rêves

photos Q sondage biblio de vos rêves 2017

Votre bibliothèque préférée va bientôt devoir renouveler son agrément auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles et nous avons donc besoin de votre avis ! Comment voyez-vous la bibliothèque idéale ? Quels services devrait-elle proposer, quelles activités devrait-elle mettre en place ? Prenez donc quelques instants pour répondre à ces quelques questions, vos réponses nous serviront à ajuster notre plan d’action.

 

Sur les traces des rêves communs

Lectures de vacances : trois suggestions

« Les furies » par Lauren Groff

Etats-Unis, début des années 90. Lancelot (surnommé Lotto) et Mathilde sont étudiants à l’université. Ils se marient quinze jours à peine après leur première rencontre. Ils ont 22 ans et l’avenir devant eux. Un mariage qui ne plait pas à la mère de Lotto,  qui décide de ne plus subvenir à ses besoins. S’en suivent des années de bonheur pour les deux amoureux mais également de galère. Lotto tente de percer comme comédien et c’est Mathilde qui, grâce à un petit boulot dans une galerie d’art, fait bouillir la marmite.

Une dizaine d’années plus tard, Lotto a abandonné l’idée de devenir comédien et est maintenant un dramaturge mondialement reconnu. Mathilde, épouse modèle en apparence, vit dans l’ombre de cet homme brillant et tourmenté, dont on comprend que le décès de son père, alors qu’il était encore ado, l’a profondément marqué. Lotto rêve d’une famille qu’il fonderait avec Mathilde mais cette dernière, mystérieuse certes mais qui semble très amoureuse de son mari, ne semble guère enthousiaste…

Ce roman de Lauren Groff raconte l’histoire d’un mariage d’amour presque trop parfait.

Au fil des 250 premières pages, la romancière américaine s’attarde un peu trop longuement sur le personnage de Lotto, sur son histoire et son amour pour le théâtre. Mais ces longueurs se font vite oublier, compensées par une écriture flamboyante et un style brillant qui contribuent largement à la réussite de la narration.

La seconde partie de l’histoire livre, un peu comme un miroir, le point de vue de Mathilde et dévoile ses secrets bien enfouis dans son passé, la laissant apparaître sous un jour beaucoup plus noir ; le ton  devient plus incisif, plus amer.

D’une histoire somme toute assez commune, Lauren Groff parvient à faire un roman profond et prenant, mêlant amour, passion, sensualité et manipulation.

« Un peu tard dans la saison » par Jérôme Leroy

A partir de l’année 2015, un phénomène a commencé à inquiéter les responsables politiques du monde entier. Certaines personnes, du simple balayeur des rues au sénateur, en passant par des cadres d’entreprise ou des enseignants, avaient visiblement décidé de tout quitter, d’abandonner leur emploi et leur vie de famille pour faire autre chose. Inexpliqué, le processus fut baptisé « Eclipse » et les dirigeant ne purent rien faire d’autre que de le constater. Certains décidèrent pourtant d’y remédier, en tous cas de tenter d’en diminuer l’impact et donc de tout mettre en œuvre pour que les cas recensés ne donnent pas l’envie à d’autres citoyens de franchir le pas. Voilà donc pourquoi la jeune capitaine des services secrets français Agnès Delvaux piste l’écrivain Guillaume Trimbert, la cinquantaine fatiguée et probable candidat à l’éclipse.

Comme souvent dans ses écrits, Jérôme Leroy nous propose une structure à deux voix. D’un côté, nous suivons l’espionne Agnès qui piste l’écrivain Trimbert au quotidien. Elle dort chez lui en son absence, lit ses livres, écoute ce qu’il raconte à ses potes écrivains ; elle semble d’ailleurs très bien le connaître, comme si un lien inconnu du lecteur les unissait dès avant le début de l’histoire. De l’autre côté c’est Trimbert lui-même qui nous donne à explorer sa vie : ses amours chahutées, ses pannes d’inspiration, ses rencontres avec des lecteurs, des étudiants, des libraires et des bibliothécaires, ses convictions politiques et ses amitiés. Le récit s’étoffe, s’enrichit et se relativise selon le personnage qui parle. Trimbert, dont on devine qu’il explore des pistes que son auteur laisse vierges dans sa vraie vie, se révèle attachant dans ses tourments, ses convictions et son indécision. Ses moments d’introspection nous livrent de très beaux passages littéraires et philosophiques, accessibles et qui donnent à réfléchir. L’intrigue ménage un certain suspense et c’est avec le plaisir d’en résoudre les points énigmatiques que l’on y plonge. De la littérature française contemporaine comme on l’aime : soignée dans sa forme, presque poétique parfois, riche et  basée sur une bonne histoire.

« La nuit du second tour » par Eric Pessan

Encore un récit à deux voix, dans une France secouée par le résultat du second tour de l’élection présidentielle cette fois. Jamais l’auteur ne donne le résultat, se contentant de nous décrire par le menu comment deux personnes qui se sont autrefois aimées, Mina et David, vivent les événements. A Paris, David erre dans les rues sous tension. L’ambiance est à l’émeute, des vitrines sont brisées, au loin la police charge sur des manifestants ou sur des casseurs, David n’en sait trop rien. Son errance l’engage à revisiter son passé récent, ses relations conflictuelles avec son patron, la loi de la jungle qui règne dans le monde l’entreprise et…sa rupture d’avec Mina. Il croise de nombreuses personnes, des dialogues tantôt absurdes, tantôt à fleur de violence physique s’engagent.

A l’autre bout de la Terre, sur un cargo en route vers les Antilles, Mina apprend également le fameux résultat et revient elle aussi, sur son passé, sur ses relations tumultueuses avec son père et sur sa rupture amoureuse. Les deux récits se croisent et se répondent, un même événement se voit raconté ou complété tour à tour par les deux personnages et le lecteur ne peut que se demander comment deux personnes qui ont l’air, à des milliers de kilomètres de distance, à ce point en phase et même presque dans un état de télépathie permanente, comment et pourquoi ces deux personnes se sont quittées.

Roman des bouleversements, « La nuit du second tour », malgré une sombre mise en bouche, ne verse pas dans l’anticipation politique pessimiste. Au contraire, il penche résolument vers le portrait amoureux et intime et évite le drame à la noirceur complète. Ici aussi, la langue est soignée et ménage de beaux moments que l’on relit avec plaisir. Et l’on ne peut s’empêcher de penser que, du point de vue de Mina et David, le second tour, c’est peut-être aussi la deuxième chance ?

 

Le livre « papier » regagne du terrain

lemonde 5 mai 2017(« Le Monde » du 5 mai 2017)

 

Lecture d’entre-deux tours

« La Présidente : tomes 1 et 2 » par François Durpaire et Farid Boudjellal

Et si Marine Le Pen remportait la prochaine élection présidentielle? Vu le succès de ses thèses auprès du grand public et le comportement suicidaire de ses adversaires politiques, le scénariste François Durpraire arrive à nous convaincre de la possibilité de la chose. Au fil d’une intrigue largement appuyée sur des informations factuelles (histoire de la 5ème République, passé du FN et extraits de son programme, dissensions avérées au sein du PS et des Républicains) mais également ancrée dans le quotidien d’une famille française de base (la grand-mère, ancienne résistante; les petits-enfants issus de l’immigration et adeptes d’une contre-offensive via internet), il nous fait suivre le devenir de la France après l’élection présidentielle. Le constat est rude et se base largement sur la pauvreté intellectuelle des cadres du parti qui, du jour au lendemain, se verraient propulsés à la tête de départements essentiels pour la survie du pays. Leurs recettes doctrinaires y feraient long feu, leur aveuglement têtu délabrerait le pays. La démonstration est limpide.

Le tome 2 nous propulse en 2021. Le premier mandat de la présidente s’achève et les sondages la donnent perdante au 2ème tour, supplantée par Mohamed Labbes, le leader du parti Fraternité. Un musulman à la tête de l’état, impensable pour celle dont l’objectif était de restituer sa grandeur au pays tout en rendant les étrangers responsables des troubles causés par sa propre gestion chaotique. Au lieu d’en tirer les leçons, la présidente décide de charger encore plus ses habituels boucs émissaires tout en serrant encore la vis sécuritaire. Tout aussi parfaitement ancré dans notre époque, ce deuxième tome de « La Présidente » annonce de manière très crédible la couleur probable du paysage socio-politique des prochaines années. Publié fin octobre 2016, le volume anticipe des décisions d’hommes politiques vérifiées il y a peu (la fermeture des frontières américaines pour certains musulmans) et montre la voie vers laquelle, en toute logique, certains votes et certains choix (le Brexit), vont nous mener.  Autre domaine dans lequel les auteurs risquent des prédictions : les avancées technologiques et leurs applications lorsqu’elles tombent en de mauvaises mains. Vous vous sentez déjà fliqués par Facebook et Apple ? Les possibilités de vivre pire sont multiples et la présidente et ses sbires ne rechigneront pas à les utiliser.

Les auteurs se réclament d’un nouveau courant : la « science-fiction civique », reconnaissons-leur une réussite dans le genre : impossible, à la lecture de ces deux volumes, de ne pas ouvrir les yeux.

Les anti-lecture font campagne

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Vendredi 3 mars : Soirée Kachinas

C’est avec plaisir que nous collaborons à la soirée « Kachinas » en proposant une sélection de livres en rapport avec les deux thèmes abordés.

Ces livres, dont la liste se trouve ici, seront consultables sur place, puis pourront être empruntés à la bibliothèque.
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Travail scolaire sur les réfugiés espagnols

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Vous êtes nombreux, étudiants de l’Athénée Royal Prince Baudouin, à effectuer des recherches sur la Guerre Civile espagnole et sur les réfugiés arrivés à Marchin dès 1937. Plusieurs d’entre vous nous ont déjà rendu visite.

Petite info pour tous ceux qui cherchent encore : nous avons rassemblé en salle de lecture toute la documentation dont nous disposions à ce sujet.

Il s’agit notamment de deux ouvrages édités pour les jeunes sur la Guerre Civile en général et de deux recueils de témoignages de réfugiés. Parmi ces témoignages, certains concernent des personnes ayant transité par Marchin.

Afin de venir en aide au plus grand nombre d’entre vous, ces documents peuvent être consultés et photocopiés, mais pas empruntés.

Trois nouvelles séries manga

Les mangas ont le vent en poupe auprès des jeunes –et de certains moins jeunes- lecteurs. A l’image des séries de bandes dessinées, il en est de très bonne qualité comme de moins recommandables. Celles-ci nous ont été conseillées par des confrères bibliothécaires et par un passionné du genre.

Elles prennent place parmi les autres séries que nous mettions déjà à votre disposition et sont dès aujourd’hui prêts à être découvertes.

silent-voice1« A silent voice » de Ōima, Yoshitoki

Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.
Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe. Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.
Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable…

(Source : http://www.manga-news.com/)

(Série complète en 7 tomes, tous âges)

dilemmaDilemma

Yuzuru n’est guère enchanté d’aller dans une nouvelle école. Pas très sociable, il préfère être seul et serait même prêt à souhaiter la mort de ses nouveaux camarades pour ne pas affronter cette épreuve… Lorsqu’il arrive dans sa nouvelle classe, le drame commence : tous les élèves et le professeur sont morts, allongés sur le sol. Encore sous le choc et dans un état de panique total, Wabiko, une jeune fille qui prétend être Dieu, entre en contact avec lui. Elle le plonge dans un dilemme infernal et lui demande de choisir qui elle doit ressusciter et qui elle doit laisser pour mort. Un choix impossible…

(Source : http://www.manga-news.com/)

(Série en cours, 7 tomes parus. A partir de 13 ans)

last-heroLast Hero Inuyashiki

À 58 ans, Ichiro Inuyashiki est loin d’être un modèle pour ses enfants. Vieux avant l’âge, méprisé de tous, il a vécu toute sa vie en employé de bureau minable et n’a pour toute amie que sa chienne Hanako. Comme si cela ne suffisait pas, on lui diagnostique un cancer en phase terminale lors d’un examen de routine… C’en est trop pour le pauvre vieillard. Alors qu’il pleure de désespoir dans un parc en pleine nuit, une lumière aveuglante apparaît… et c’est l’impact !
À son réveil, étendu dans l’herbe, Inuyashiki n’est plus le même. Il a été transformé en cyborg surpuissant, libre de faire ce qu’il veut de ses nouveaux pouvoirs, le meilleur comme le pire. Et il n’est pas le seul dans ce cas…

(Source : http://www.manga-news.com/)

(Série en cours, 5 tomes parus. A partir de 15 ans)

Une passionnante plongée dans l’histoire récente avec Paul Colize

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C’est poussé par son éditeur que Stanislas Kervyn avait accepté de participer à cette émission littéraire. Il devait y « vendre » l’enquête qu’il venait de publier sur une tuerie qui avait lieu au Caire en 1954, tuerie dont son père fut une des 40 victimes. L’affaire n’ayant jamais été résolue, son éditeur lui avait fait miroiter l’espoir qu’un téléspectateur le contacte ensuite pour lui apporter des éclaircissements inédits. Stanislas n’y croyait guère et pourtant, en fin d’émission, l’inespéré se produit.

Parallèlement, nous suivons le parcours de Nathan Katz, un jeune juif rescapé des camps, qui arrive à New York en 1948 pour essayer de reconstruire sa vie. Il est rapidement repéré par « Le Chat », une organisation secrète prête à exploiter sa colère et sa haine envers les tortionnaires nazis auxquels lui, sa famille et son peuple doivent tant de malheurs.

Au fil des pages, le lien entre les deux parcours –celui de Kervyn, homme d’affaires richissime, hautain, sûr de lui et sans doute marqué par la mort de ce père qu’il a trop connu- et celui de Nathan, obnubilé par sa mission, va progressivement s’éclaircir.

L’ensemble donne un roman grave, une intrigue en forme de thriller historique, habitée par des personnages aux traits de caractère souvent peu engageants, mais auxquels, avec un rien d’empathie, on peut à tout le moins reconnaître des raisons d’être comme ils sont. Et c’est sans doute pour cela qu’ils nous habitent longtemps. Passionnant !

(Paul Colize sera notre invité le 14 octobre prochain, plusieurs exemplaires de ses romans vous attendent à la bibliothèque).