Archives Mensuelles: mars 2010

L’année brouillard de Michelle Richmond



Le couple formé par Jake et Abby semblait promis à un bel avenir, lumineux, heureux avec la petite Emma, 6 ans, la fille de Jake née d’une précédente union.

Mais c’était sans compter sur ce jour de juillet.

Ce matin-là, sur une plage de San Francisco, plongée dans un épais brouillard, Emma et Abby se baladent, à la recherche de coquillages.

Abby, qui est photographe professionnelle et qui se sépare rarement de son appareil, s’arrête quelques instants pour immortaliser un phoque éventré. Combien de temps a-t-elle ainsi détourné son regard d’Emma ? 30, 40 secondes tout au plus…

Et c’est alors que l’irréparable se produit : Emma disparaît…

Abby se lance immédiatemment à sa recherche, certaine que la fillette se cache derrière une digue à moitié effondrée ou qu’elle est simplement remontée vers le parking pour lui jouer un tour.

Mais très vite, Abby doit se rendre à l’évidence : Emma n’est plus là.

Se serait-elle approchée de la mer et aurait-elle été emportée par les terribles vagues de l’océan Pacifique ?

Abby ne peut le croire : Emma avait trop peur de l’eau pour oser s’aventurer plus près, toute seule.

C’est pourtant la mer qui, des dizaines de jours plus tard, rejettera sur la sable une chaussure que portait Emma ce jour-là. Pas de doute : son prénom y apparaît, faiblement certes mais il est encore bel et bien lisible.

L’enquête piétine. Jake, effondré et perdant de jour en jour tout espoir de revoir sa fille, décide qu’il est temps pour lui de tenter de faire son deuil. Le petit cercueil blanc sera porté en terre, vide, après une émouvante cérémonie d’adieu à Emma.

Abby qui s’en veut de toute cette peine et cette souffrance qu’elle inflige à son compagnon, puise dans sa culpabilité, une énergie qui va la pousser à continuer à chercher Emma, persuadée qu’elle est là quelque part, en vie. Mais son combat n’est-il pas vain ?

Roman psychologique à suspense, « L’année brouillard » se lit d’une traite. L’écriture est riche, l’émotion très présente mais l’auteur ne sombre jamais dans le mélo, alors que ce serait si facile quand on aborde un sujet grave comme celui de la disparition d’un enfant.

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