Archives Mensuelles: janvier 2014

Trois coups de cœur aux goûts très variés

chien qui louche

Tomber amoureux peut entraîner des conséquences inattendues. Fabien, agent de surveillance au Musée du Louvre, rencontre un jour la famille de sa nouvelle compagne : les ‘Benion’ comme ils se nomment eux-mêmes. Il y a là les deux frères de Mathilde, son père et, dans un home pas loin, son grand-père. Les frères et le père sont propriétaires d’un magasin de meubles, vivent en province et sont dotés d’un franc-parler décapant. Ils adoptent néanmoins assez rapidement ce « parisien qui passe toutes ses journées assis sur une chaise » et vont aller jusqu’à lui demander son avis sur une toile peinte par un de leurs aïeuls. Ce tableau, représentant un chien qui louche, mériterait-il d’être accroché aux cimaises du Louvre ? Ne désirant sans doute pas déplaire, Fabien promet de se renseigner. Entre chronique familiale et réflexion sur la valeur toute relative d’une œuvre d’art, une récit tout en finesse et plein d’humour.

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En 2109, les humains côtoient des réplicants au quotidien. Comme dans le livre de Philip K. Dick et dans son adaptation cinématographique (« Blade Runner »), les réplicants sont des robots à apparence humaine, qui vivent en parfaite indépendance mais dont la durée de vie est limitée. Au moment où débute le roman, certains réplicants semblent comme pris de folie, agressent leurs semblables et des humains, puis se suicident. Soutenues par un parti suprématiste humain, des voix s’élèvent dans la population pour pointer la responsabilité et la faillibilité des réplicants, responsables, selon elles, de la mort de trop d’humains. A l’inverse, le parti politique défendant les droits des réplicants dénonce un complot visant à éradiquer définitivement leur espèce. C’est ce parti qui demande à Bruna Husky, une réplicante détective, d’enquêter sur les agressions et les morts violentes. A la croisée de la science-fiction et de l’enquête politico-policière, ce roman prend tout son temps pour installer son ambiance, ses personnages et son cadre socio-politique. Même si l’action ne manque pas, elle n’est jamais gratuite ni purement technologique. Sous les apparences d’un récit d’anticipation, l’auteur aborde des thèmes très actuels : le racisme, le tout-économique, l’exploitation des ressources humaines et naturelles, la pollution, la division de la société en classes imperméables, et la biotechnologie. Un roman qui plaira assurément aux amateurs du genre. Nous prenons le pari qu’il attirera également certains amoureux de bonne littérature.

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Une vie après les camps de concentration. Le grand-père de l’auteur, rescapé des camps, semble avoir retrouvé une existence normale. De Berlin-Ouest, il alimente l’autre côté du mur en produits introuvables à l’Est. Ses affaires, qu’il mène avec un autre rescapé et ami, sont prospères. Mais pour en arriver là, par quels cheminements intérieurs, par quels détours loin de sa famille, de sa femme, de sa fille, a dû passer Max ? C’est ce qu’explore ici Nathalie Skowronek, en rassemblant souvenirs personnels et témoignages glanés auprès de ceux qui ont connu son grand-père. Un beau texte, parfois très elliptique et qui n’évite aucune vérité. Il ne s’agit pas ici d’un récit sur les camps, mais bien d’une enquête toute personnelle, une plongée dans la vie d’une famille, menée par une petite-fille qui retrace l’expérience de son grand-père après 1945, entre admiration, étonnement et simples constatations.

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