Archives Mensuelles: novembre 2014

Bientôt l’exposition Michel Van Zeveren!

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A l’instar de notre collaboration de 2013 dans le cadre de l’exposition « de Pittau à Gervais », c’est toujours avec le centre culturel de Marchin que nous vous invitons, dès ce 23 novembre, à venir découvrir l’univers d’un autre grand de l’illustration et de la littérature pour enfants : Michel Van Zeveren. Tous les détails pratiques se trouvent sur le site du centre culturel.

Outre le fait que nous participions activement à l’accueil et à l’animation des classes et du public familial, un écho à cette exposition sera donné au cœur même de la bibliothèque via une mini-exposition dans notre coin contes et la mise en évidence de livres de Van Zeveren.

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Nos préférés du moment sont deux romans, l’un français, l’autre belge.

Une station de la Côte d’Azur, hors-saison : la ville est calme, presque à l’abandon en comparaison de la frénésie qui l’agite pendant les mois d’été. Ici, Antoine est né, a grandi et vit aujourd’hui sa vie en tant qu’adulte, un statut qu’il a visiblement beaucoup de mal à intégrer. Star du club local de football, il est laissé pour mort devant l’hôpital, un matin…Et, à très peu d’intervalle, la nature se déchaîne et ravage le littoral, causant disparitions et noyades.

adam peine perdueLa mer, si chère à Olivier Adam, qu’on retrouve une fois encore au cœur de ce nouveau roman. Un style qui m’a paru différent, renouvelé, me permettrai-je de dire. Le récit se construit autour d’une série de personnages dont les vies se frôlent, se heurtent, s’entremêlent parfois. Vingt-deux vies écorchées, racontées tour à tour, en émotions. Des hommes et des femmes, jeunes pour la plupart, qui n’ont pas pu être là au bon moment, qui « n’ont pas pris le train qu’il fallait »…Et c’est pourtant sans misérabilisme que ces portraits se dessinent et s’enchaînent, reflet d’une société en perte de repères et d’avenir aussi. Un roman sombre mais empreint d’empathie et servi par une écriture directe, visuelle.

D’Antoine à Jeff, en passant par Eric et Léa, 22 tranches de vie avec au cœur de la narration, une question qui se profile tantôt ouvertement, tantôt beaucoup plus discrètement : qui a pu s’acharner avec tant de violence sur Antoine et pourquoi ?

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En deuil de Gaétan, Maarten Seebregs, la cinquantaine, se voit proposer un drôle de marché par Norbert Vandessel, un homme qu’il connaît depuis peu. Il s’agit simplement de se marier avec Tamara, la jeune africaine dont lui, Vandessel, est éperdument amoureux, et de faire tenir ce mariage le temps que les services d’immigration accordent la nationalité belge à la jeune femme et qu’ils desserrent leurs contrôles.  Pour ce « travail », Maarten recevra une conséquente somme d’argent mais devra respecter une condition : ne pas toucher Tamara. Par besoin d’argent d’abord, mais aussi parce qu’il est rapidement touché par la simplicité joyeuse et l’extrême franchise de la jeune femme, Maarten accepte le marché.

Oscillant sans cesse entre ironie mordante et sensibilité très pudique (quoique, attention, certaines scènes de sexe sont très crues…), Tom Lanoye orchestre de main de maître ce choc entre un européen homosexuel mélancolique, chagrin et revêche et une jeune africaine déterminée à vivre heureuse, campée sur ses convictions et sûre d’elle. La rencontre s’avèrera rude, chacun des nouveaux mariés apportant avec lui son passé et sa conception de l’existence. Presque à chaque instant, à chaque situation qu’ils rencontreront, Maarten fera le lien avec son ancienne vie de couple, laissant transparaître son chagrin, toujours vif, né de la perte de l’amour de sa vie. A l’inverse, Tamara vit de manière débridée, dépourvue d’apriori et semble éprouver une véritable affection pour Maarten, même si elle est loin de partager toutes ses opinions. Bien dans la lignée de ses précédents romans traduits en français, « Troisièmes noces » ravira les amateurs de Tom Lanoye dont la verve littéraire, l’humour permanent et le réalisme sans pitié étonnent toujours.