Archives Mensuelles: juin 2015

Prix Bernard Versele : les élus de cette année

Pour nos jeunes lecteurs, le mois de juin coïncide avec les examens mais également avec l’annonce des résultats du Prix Bernard Versele.

Pour rappel, ce prix littéraire organisé par la Ligue des Familles depuis plus de 35 ans, donne l’occasion aux enfants et uniquement à eux, de voter pour le livre qu’ils ont préféré, parmi la sélection qui leur était proposée.

Cette année encore, les enfants des écoles de Marchin (tous réseaux confondus) ont participé. De la 1ère maternelle (et même en classe accueil) jusqu’en 6ème primaire !

Au cours de l’année scolaire, la possibilité leur est ainsi offerte de découvrir des livres vers lesquels ils ne se dirigeraient pas forcément quand ils viennent à la bibliothèque. Une opportunité de faire connaissance avec un auteur, un univers, de lire des histoires surprenantes, etc. C’est également les amener vers la lecture sans autre enjeu, que celui de faire ensuite leur choix : celui du livre le plus chouette.

Passons aux résultats :

1 chouette : 2 yeux ? de Lucie Félix

2 chouettes : Le voisin lit un livre de Koen van Biesen

3 chouettes : 3 contes cruels de Mathieu Sylvander

4 chouettes : Mauvais garçon de Michael Morpurgo

5 chouettes : L’amour ? C’est mathématique ! de Davide Cali

affiche-depliant-prix-printok_page_1Je n’attends plus que la jolie affiche de la Ligue des Familles pour passer dans les écoles et annoncer les résultats aux enfants.

Merci à eux pour leur participation enthousiaste et merci également aux enseignant(e)s pour leur soutien à ce chouette projet !

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Le plaisir?

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Autour du thème « Au plaisir » de la Biennale de Photographie en Condroz organisée par le centre culturel de Marchin , la bibliothèque de Marchin-Modave lance une graaaande enquête, ouverte à tous, mais alors absolument à tous.

Une seule question, et potentiellement une multitude de réponses possibles :

Cette question est entièrement ouverte, sentez-vous libre d’y répondre comme vous l’entendez, via un seul mot ou quelques lignes.

Toutes les réponses resteront anonymes, certaines d’entre elles seront publiées sur les comptes facebook de la bibliothèque et du centre culturel et/ou seront livrées aux visiteurs de la Biennale.

Aucune récompense à la clé, que seul le plaisir vous guide!

Nous les avons lus et appréciés

 

« Miniaturiste » de Jessie Burton

miniaturistePays-Bas,  fin du 17ème siècle. Nella Oortman, 18 ans, quitte son village pour épouser Johannes Brandt, riche marchand d’Amsterdam de 20 ans son aîné. Elle s’installe dans la grande maison de son nouveau mari, entourée de deux serviteurs et de sa belle-sœur, Marin, célibataire peu engageante à l’encontre de  la nouvelle venue. Marin semble dévouée corps et âme à son frère qui, quant à lui, paraît vivre une existence dédiée exclusivement à son travail et aux plaisirs terrestres, dont certains bien peu avouables en ces lieux et en cette époque.   Au début, Johannes n’accorde pas beaucoup d’attention à sa nouvelle épouse, se contentant de lui offrir, en guise de cadeau de mariage, une maison de poupée représentant de manière très détaillée leur propre demeure. La maison miniature à peine installée, Nella se voit livrer anonymement des premiers colis contenant des figurines au réalisme fascinant, la représentant elle et les autres habitants de la maison.

Ambiance mystérieuse, poids des convenances sociales, cadre historique très agréablement rendu et belle langue contribuent à l’originalité très séduisante de ce premier roman.  Nella se révèle rapidement un personnage attachant, dans son rôle de jeune campagnarde en butte aux préjugés moraux, religieux et économiques de son époque. Cette jeune féministe avant la lettre va, par la force des choses, acquérir et mettre en pratique une maturité et une clairvoyance dont peu de jeunes femmes de son milieu pourront se prévaloir. Un très beau roman historique qui, par la force des thèmes abordés, dessine finalement un portrait de femme et de société très actuel .

« Robert Sax tome 1 : Nucléon 58 » de Rodolphe, Alloing et Drac

robert saxAmateurs de bande dessinée « ligne claire », amoureux des intrigues des « Blake et Mortimer », le premier tome des aventures de ce nouvel héros –Robert Sax, un garagiste qui ne met jamais les mains dans le cambouis- devrait vous séduire. L’intrigue se déroule dans le Bruxelles de la fin des années ’50 (au moment de l’expo universelle) et convie tous les classiques du genre : belles voitures, jeunes femmes séduisantes, espions de l’est et de l’ouest s’affrontant de manière feutrée ou en des  scènes d’action judicieusement dépourvues d’effets spéciaux, le tout au service d’une intrigue au charme évident, certes peu novatrice mais aussi réconfortante que le goût impérissable d’un album de Tintin.

 

« Le sculpteur » de Scott MacCloud

sculpteur D’une épaisseur effrayante pour qui redoute de se la prendre sur le crâne, cette bande dessinée de Scott MacCloud interroge sur l’art, sur l’inspiration et sur le rôle des artistes.

David Smith, un jeune sculpteur new-yorkais, peine à se faire une place dans le milieu très cadenassé des galéristes et des critiques d’art de sa ville.  Cette non –reconnaissance influence toute son existence et ses relations : il ne lui reste que peu d’amis et sa vie effective affiche un déprimant calme plat. Le hasard met un jour sur sa route un oncle qu’il n’avait plus vu depuis des années. Le marché que ce dernier lui met entre les mains confine au mythe de Faust : à condition d’accepter de mourir dans 200 jours, il recevra le don de sculpter ce que bon lui semble, à mains nues et à une vitesse stupéfiante. Désespéré et dépourvu de vision à long terme, David accepte.

Que l’épaisseur du volume ne vous rebute pas : avec ce « Sculpteur », McCloud nous propose non seulement une histoire passionnante mise superbement en scène en un dessin épuré et expressif en diable, mais également une réflexion sur le « métier » d’artiste, sur ce qui motive quelqu’un à vouloir exposer ses œuvres face au plus grand nombre, sur le désir de reconnaissance et sur les extrémités vers lesquelles il peut entraîner. S’ajoutent à cette thématique générale celle du temps qui passe, de la brièveté de l’existence et des priorités que l’on se fixe, dont celle d’une vie amoureuse épanouie.

« Check-point » de Jean-Christophe Rufin

check pointUn convoi humanitaire, 5 personnes qui se connaissent peu ou pas, et une route qui les mènera en Bosnie où la guerre sévit.

Quel point commun existe-t-il finalement entre Maud, Lionel, Alex, Marc et Vauthier?  4 hommes, 1 femme et des parcours de vie très différents. Maud en quête d’un idéal est arrivée à « La Tête d’Or », une association caritative il y a peu.  Lionel a davantage d’ancienneté et d’expérience dans ce domaine. En tant que chef de mission, il ne manque jamais de rappeler sa supériorité mais sera-t-il  à la hauteur ? Avec eux, Alex et Marc, deux ex-Casques bleus ayant servi en Bosnie et enfin, Vauthier, un gars bizarre et taiseux dont on ne sait pas grand-chose.

Très rapidement, à l’approche des premiers check-points (des « postes de contrôle »), les tensions apparaissent ; laissant présager d’un voyage pénible. Et finalement, quelle est la véritable nature du chargement des 2 camions ?

L’aide humanitaire, c’est un sujet que Jean-Christophe Rufin connaît très bien, lui qui fut un des pionniers de « Médecins sans frontières ». Un sujet toujours d’actualité et brillamment exploité dans ce roman captivant du début à la fin. Les cabines des poids lourds constituent un excellent terrain pour donner naissance à un huis-clos « mobile » et embarquer les lecteurs dans  un thriller psychologique, bien construit et vraiment bien écrit. De quoi perdre nos dernières illusions en matière d’aide d’urgence…

« Exécutions à Victory »  de S. Craig Zahler

executions victoryParce qu’il s’est montré un peu rude avec un citoyen, l’inspecteur Jules Bettinger se voit muté dans la ville la plus criminogène du pays : Victory. ET de fait, en se rendant pour la première fois dans son nouveau commissariat, Bettinger comprendra à quel point la réputation de coupe-gorge de la ville n’est pas usurpée : barrage de voyous sur la route, bâtiments délabrés, sentiment perpétuel de menace latente : la cité semble abandonnée et hors de contrôle. Très vite, il ressent la menace dont lui ont parlé ses nouveaux collègues : ici, les policiers ne sont pas bien vus et ils se font descendre bien plus rapidement qu’ailleurs dans le pays. Une seul moyen pour espérer tenir le coup : se serrer les coudes, faire confiance et se couvrir. Pas facile lorsque vous soupçonnez votre nouvel équipier de manger à tous les râteliers. Et pourtant, lorsque leurs premiers collègues tombent sous les coups de ce qui apparait comme une nouvelle bande organisée, Bettinger ne va pas tarder à choisir son camp.

Polar noir pur jus, « Exécutions à Victory » marque d’abord par son ton enjoué, ses répliques et pensées qui puisent résolument dans un humour ravageur, à l’ironie mordante et puissamment revigorante. Toutefois, au fur et à mesure de la progression de l’intrigue, ce côté comique va s’estomper pour laisser toute la place à la plongée dramatique que vont connaitre les flics de Victory. Si l’on se croyait au début dans un roman à la croisée d’Ed McBain et de Quentin Tarantino, ces deux influences vont progressivement se teinter d’une noirceur qu’ils revendiquent certes, mais sans doute pas de façon aussi approfondie. Soyez prévenu donc, avec « Exécutions à Victory », si l’on ne s’ennuie pas, si les personnages gagnent très vite en cohérence et en crédibilité, si l’humour et la droiture de Bettinger nous réchauffent bien souvent le cœur, on nage en plein roman noir. Excès de violences, personnages exubérants et autres situations dantesques seront donc de la partie, revendiquées comme telles et, pourvu que l’on ait le cœur accroché et l’esprit ouvert à ce genre de réjouissances, on en sortira ravi !