Archives Mensuelles: février 2018

Nos derniers coups de coeur

« Les rapports humains » par Denis Robert

Le dernier livre de Denis Robert –journaliste d’investigation notamment à l’origine des révélations sur Clearstream- ne se présente pas comme un roman classique. Sa forme tient plus d’une suite de phrases isolées, comme autant de SMS dont la succession tisse progressivement le portrait du narrateur. Celui-ci, qui est sans doute pour une bonne part Denis Robert lui-même, nous livre ainsi ses problèmes et interrogations sur sa vie personnelle et ses réflexions sur l’état de notre monde. La chronologie peut paraître chaotique mais elle reflète en fait parfaitement la façon dont les idées et les pensées traversent un esprit humain. L’intérêt, c’est que Robert est un sacré journaliste et que ses réflexions sont alimentées par ses lectures et recherches incessantes. Cela va du rôle des journalistes au football en passant par l’intelligence artificielle, les paradis fiscaux, l’amitié, la paternité et les relations amoureuses. Le tout sur un ton alerte, tantôt grave, tantôt léger, avec toujours cette pointe d’humour qui sauve tout.  Un texte engagé et  tendre, à l’image d’un auteur qui arrive à rendre son propos universel. Passionnant !

« Point cardinal » par Léonor de Récondo 

Dans ses plus lointains souvenirs, Laurent a toujours aimé essayer les chaussures et les robes de sa mère. Ce qui n’était peut-être qu’un jeu d’enfant est devenu pour lui une évidence au fil des années, Laurent se sent femme.

Ce soir-là, quand il rentre en tenue de sport à la maison, ni Solange son épouse, ni Claire et Thomas ses enfants ne se doutent que quelques dizaines de minutes plus tôt, il était Mathilda, robe de soie, perruque, bas et talons hauts.

Quand, le temps d’un week-end, il profite de l’absence des siens et se travestit pour la première fois dans la maison familiale, sa vie bascule. Quelques jours plus tard, Solange trouve une épingle à cheveux sur le sol de la chambre à coucher. Sur cette épingle, quelques cheveux blonds sont restés accrochés.

Dans ce dernier roman de Léonor de Récondo, on découvre la vie plutôt tranquille de ce père de famille qui  « ne s’est jamais senti homme mais s’est toujours senti père ».

Sa détermination à devenir celle qui a toujours été en lui est abordée sans tabous. Son cheminement, qui va bouleverser une famille entière et mettre en évidence des émotions diverses, est décrit tout en subtilité. Le personnage de Laurent est extrêmement attachant tant son combat est empreint de sincérité. Au départ d’un sujet peu commun, Léonor de Récondo livre un roman magnifique  porté par une écriture simple mais très juste. Elle va bien au-delà du sujet du changement de sexe et nous invite, en quelque sorte, à nous interroger sur le courage d’être soi, tout simplement.

« Le meilleur ami de l’homme » par Tronchet et Nicoby

La quarantaine, sûr de lui, Vincent Renard est un proctologue reconnu. En instance de divorce, il jongle entre une maîtresse qui le harcelle de manière plutôt agréable, une femme qui le met à l’épreuve et leur fillette d’une petite dizaine d’années avec qui il entretient une complicité dont il ne pourrait se passer. Alors qu’il assiste avec celle-ci à un match de foot, il croise fortuitement un ancien ami de jeunesse, Kevin Delafosse, alias Kevin La Winne, surnom ironique puisque ce dernier semble toujours avoir été à la traine par rapport à Vincent, dépeint comme meilleur footballeur, meilleur étudiant et plus chanceux en amour. Cette rencontre va faire remonter tout un pan de leur jeunesse commune et surtout, pour Vincent, raviver le souvenir d’un amour mystérieusement disparu à la fin de ses études de médecine.

Avec cette bande dessinée finalement assez réaliste, crue et souvent drôle, les auteurs nous convient à un double choc culturel. Le premier, c’est celui qui intervient entre le monde de  Vincent, personnifiant la réussite et l’argent ainsi qu’un désintérêt certain pour ce qui ne le touche pas de près et celui de Kevin, moins gâté dans sa jeunesse sans doute mais également moins combatif et plus facilement prêt à vivre aux crochets des malchanceux qu’il croise. Le second choc intervient plus tard, c’est celui de deux conceptions de la médecine, celle qui fait vivre assez luxueusement celui qui l’exerce sans trop s’interroger, au gré d’une clientèle qui a largement les moyens de le payer et celle qui s’exerce en terrain défavorisé et qui répond à des besoins vitaux, faim, soif, maladies mortelles. Une bande dessinée plus sérieuse qu’il n’y paraît, qui amène finement la réflexion sur ce que nous voulons faire de nos vies au fil d’une lecture.

« Surface de réparation » par Olivier El Khoury

La pensée, les actes, les idées, les envies et les haines d’Olivier El Khoury sont toutes entières déterminées par la passion de sa vie : le club de Bruges. Calme et poli en temps normal, il se transforme en bête hargneuse, violente et de mauvaise foi lorsqu’il assiste –au stade ou devant la télé- à un match de foot de son équipe. Cette passion lui a été transmise par son père, un chirurgien de renom qui développe les mêmes tendances que son rejeton. Au quotidien, cette passion se manifeste par une humeur et un dynamisme dépendant de la place de son équipe dans le classement. Bonne place dans le classement égale humeur joyeuse, compréhension et bienveillance envers autrui. A l’inverse, piètres résultats égalent irascibilité, mépris et violence à l’encontre de ses proches. Ce qui, socialement parlant, s’avère difficile à vivre, surtout si on a la peau basanée.

Premier roman pour ce jeune auteur belge, véritable coup de poing littéraire tant il dénote dans le paysage des lettres belges. Irrévérencieux dans le ton et la forme,  emmené par un vocabulaire d’une crudité très explicite, le récit se décline en courts chapitres à la chronologie improbable et est habité par des personnages hauts en couleurs. Le seul nom qui nous vienne à l’esprit pour établir un rapprochement est celui de l’auteur de la « Merditude des choses »,  Dimitri Verhulst. Pas besoin d’y connaître quoi que ce soit en football, ni même d’apprécier ce sport, pour entamer ce court roman. Sous sa rudesse, sa sexualité exubérante et son franc-parler frisant l’obscénité, c’est de la différence, de la violence feutrée de notre société et de comment y survivre que nous parle El Khoury. Avec un humour dévastateur !

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Aux absents à notre action jobs étudiants

​Beaucoup de jeunes ont répondu présent le 31 janvier dernier pour l’Action Job Etudiant organisée à Marchin.

Si vous n’avez pas pu venir ce jour-là,  rendez-nous visite à la bibliothèque et vous trouverez encore :

job étudiant

– les dossiers d’Infor Jeunes (comprenant notamment les infos sur la législation du travail étudiant) ;

– les offres d’emploi locales ;

– comment postuler dans quelques grands magasins de la région ;

– les infos sur le projet « Eté Solidaire » et comment poser votre candidature ;

– comment intégrer le réseau de baby-sitters de la Ligue des Familles ;

– les coordonnées du Service Ecrivain public qui peut vous aider à rédiger votre CV et/ou lettre de motivation ;

– le dépliant vous expliquant comment devenir moniteur/trice ADEPS.