Pourquoi nous invitons Myriam Leroy (2)

Dans la lignée de son précédent et premier roman (« Ariane », 2018), Myriam Leroy nous propose un texte fort, interpellant, non dénué d’humour et qui illustre une thématique très actuelle.

Basée sur une expérience personnelle, elle met en scène une femme médiatique qui, pour ne pas froisser un de ses admirateurs, accepte d’échanger avec lui quelques messages sans réelle importance. A ses yeux à elle du moins. Pour « Denis », l’admirateur en question, il s’agit de tout autre chose, et si sa correspondante manque de régularité dans leur correspondance, qu’elle répond trop lentement ou trop succinctement, il ne manque pas de le lui faire savoir. Sur un ton doucereux. Presque plaintif. Sans élever la voix, pour peu que cela soit possible par écrit. Dans un premier temps, elle se révèle incapable, parce trop gentille et craintive aussi, de se débarrasser du gêneur. Lorsqu’elle s’y résout enfin, la réaction de Denis sera celle d’un ado, d’un être immature et pervers, d’une personne animée d’une seule intention : celle de nuire et de détruire psychologiquement.

Le harcèlement dont fera l’objet la femme médiatique –jamais nous ne saurons son identité- sera d’abord en mode doux, le « Denis », grand seigneur, lui laisse une chance de changer, avant d’aller crescendo en violence verbale, sans jamais faiblir dans sa régularité. Tous les jours, sur les divers réseaux sociaux, ce seront injures crapuleuses, calomnies et désinformations touchant tant la vie intime que professionnelle de la victime, servies par un vocabulaire grossier. Les partages et commentaires du même acabit de la part d’inconnus seront nombreux, accentuant d’autant la descente aux enfers.

« Les yeux rouges » confirme le talent de Myriam Leroy et sa capacité à scotcher son lecteur. Style direct, ton et vocabulaire aussi actuels que le cœur du récit, mise en scène des personnages faussement lacunaire, tout est mis en place pour ne pas ménager ceux qui s’aventurent dans son univers. L’inconfort transpire, la situation nous révolte et éveille notre dégoût, notre indignation et notre empathie. Tout l’inverse d’une littérature reposante.

Myriam Leroy sera notre invitée ce vendredi 18 octobre, tous les renseignements se trouvent sur ce site.

Publié le 17 octobre 2019, dans coups de coeur, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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