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Deux bandes dessinées ‘coup de coeur’


Encore une fois, Manu Larcenet se met lui-même en scène dans le rôle du dessinateur de bande dessinée. Ici, il endosse le rôle de ‘Demi-Lune’, un disciple désireux d’améliorer son trait d’artiste mais également en quête du ‘Sens de la vis’. Son ‘maître’ arrivera-t-il à lui transmettre non seulement ce savoir qui lui manque, mais également la sagesse tant recherchée ?

Après ‘Le retour à la terre’, Ferri et Larcenet nous offrent ici deux petits bijoux de bande dessinée presque méditative. Si les dialogues –humour absurde et citations comme sorties d’un recueil d’aphorismes tibétains- comptent pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble, le dessin de Larcenet se fait de plus en plus personnel et, sous de dehors de simplicité extrême, l’on devine en fait un travail et une maîtrise remarquable. 

Plus sérieuse, tout en ménageant quelques pointes d’humour, ‘L’art de Voler’, une bd traduite de l’espagnol. Après le suicide de son père en 2001, Antonio Altarriba entreprend de raconter la vie de celui-ci en bande dessinée. Il se met en scène, et le ‘je’ devient alors cet autre Antonio, ce père témoin d’un siècle tumultueux, au cœur d’un pays pauvre et en proie à d’incessantes luttes : l’Espagne.  On le suit alors, de son enfance difficile à la campagne à son exil très rapide vers la ville pour fuir un mode de vie qu’il n’aime pas, et surtout un père et deux frères qui le briment. Son arrivée en ville va l’éveiller à la politique, l’amitié viendra ensuite. Il fera  des rencontres déterminantes lors de son service militaire, puis, plus tard lors de son incorporation dans l’armée républicaine en lutte contre les franquistes. Au travers de ses pérégrinations, on le voit lutter finalement toujours pour la même cause : la liberté. Que ce soit contre l’Eglise catholique, contre sa femme devenue bigotte, contre les soldats franquistes ou encore contre son père qui l’empêchait d’entreprendre de véritables études, c’est toujours à abattre des murs et à s’envoler que travaillait Antonio. Une superbe bande dessinée, dans la lignée du ‘Mauss’ d’Art Spiegelman : mêmes petites cases en noir et blanc et dialogues nombreux, et même objectif : rendre compte de la vie d’un  père sans oublier de raconter une bonne histoire.

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