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Quelques idées de lecture

Peut-être les avez-vous manqués, nos favoris de l’été? Il n’est pas trop tard pour vous y intéresser!

« La fille d’avant » par JP Delaney 

Jane vient de vivre un terrible drame et voudrait s’installer dans un appartement où elle pourrait se sentir bien et se reconstruire. Malheureusement, le marché immobilier à Londres est tel qu’il n’est vraiment pas évident de trouver un logement à louer à prix « raisonnablement élevé ».

Quand l’agence immobilière lui propose  de visiter le One Folgate Street, Jane  accepte rapidement et découvre une maison à l’architecture minimaliste, tout simplement exceptionnelle. Mais, pour pouvoir la louer, il faut cependant se plier aux règles strictes et quelque peu surréalistes du propriétaire, Edward Monkford, qui est également celui qui a conçu l’habitation. Un homme séduisant certes, mais mystérieux au point que certains traits de sa personnalité peuvent paraitre effrayants.

Malgré quelques réticences, Jane pense que cet endroit pourrait lui permettre de tourner la page. Très rapidement après avoir emménagé, une idée étrange s’impose à elle : la maison semble être conçue pour transformer la personne qui y vit. Au même moment, elle entend parler d’Emma, la locataire qui l’a précédée et qui lui ressemble…étrangement. Cette dernière a donc vécu au One Folgate Street et…y a trouvé la mort.

Dans « La fille d’avant », JP Delaney exploite avec succès le filon du thriller psychologique. Au fil des pages, les deux histoires se découvrent, faisant alterner les récits d’Emma et de Jane. Des similitudes, nombreuses, laissent envisager que Jane pourrait subir le même sort qu’Emma. Mais comment celle-ci a-t-elle trouvé la mort ? C’est ce que Jane va tenter de découvrir. Un suspense qui se construit lentement et qui nous tient jusqu’à la dernière page. Un roman à découvrir cet été sur la plage, dans le train, à l’ombre d’un arbre dans un parc ou dans votre jardin.

« La convivialité »

Réflexion sur certaines spécialités orthographiques propres à la langue française, remise en question de  nos convictions en matière de « bien écrire », interrogation sur le lien entre une bonne orthographe et une pensée structurée, livre d’humour proprement déjanté, ce petit bouquin qui se dévore en quelques heures est une perle ! On s’y amuse beaucoup, on apprend pas mal de choses et aussi, surtout, ses auteurs ont le chic pour remettre tranquillement  en question nos certitudes, en conservant une posture d’interrogation permanente, sans jamais asséner d’indiscutables vérités. Et tout ça dans une mise en page soignée, agrémentée d’illustrations qui complètent très adéquatement leur propos ! Super !

 

« Seules les bêtes » par Colin Niel

Dans une région montagneuse française, une femme disparaît. Les gendarmes ne disposent d’aucune piste mais, dans le village, plusieurs personnes connaissent un morceau de la vérité, une partie de l’histoire qui a conduit à cet événement. Tour à tour, elles prennent la parole sous la plume de Colin Niel, dont il s’agit ici du quatrième roman. Progressivement, la toile se tisse, chacun y va de ses révélations encadrées par son histoire personnelle. Un roman qui, sur fond d’intrigue policière, touche des thèmes universels : l’amour, la solitude et le sens du travail. Dense et âpre, résolument psychologique et très accessible, il dénote la grande sensibilité de son auteur, sa capacité d’empathie et sa force d’évocation littéraire.

 

« Une sœur »  de Bastien Vivès

Chaque année, c’est la même chose pour Antoine, 13 ans et son petit frère Titi, 9 ans : ils passent leurs deux mois de vacances en Bretagne avec leurs parents.  Cette année risque toutefois de se révéler différente puisqu’une amie de leur mère, Sylvie, va vivre une semaine en leur compagnie. Dans ses bagages, sa fille, Hélène, 3 ans plus âgée qu’Antoine. A priori, tout sépare les deux vacanciers : alors qu’Antoine, pas encore tout-à-fait sorti de l’enfance, passe beaucoup de temps à dessiner ou à jouer avec Titi, Hélène pianote sur son portable, fume et envisage des sorties dans la région. Ils se découvrent toutefois rapidement un point commun : tous deux ont « perdu » un potentiel frère ou une potentielle sœur, puisque leurs mères respectives ont toutes deux fait une fausse couche. De polie et réservée, leur relation va  se muer en un intérêt sincère puis en un lien à la densité touchante et très subtilement mise en scène.

Une bd à la fois intelligente, sentimentale et légère, de ces histoires d’apparence simple et que l’on n’oublie pas. Si la rencontre entre Hélène et Antoine marque pour ce dernier le début de la sortie de l’enfance et la découverte de la sexualité, il représente une autre sortie pour Hélène : celle de la solitude dans laquelle sa position de fille unique la maintenait depuis sa naissance. C’est à l’éclosion d’un véritable lien fraternel que nous assistons, non pas au sens strict du terme, mais au sens de communion d’esprit et de pensée, et ce même si parfois ce sont les corps qui parlent. Antoine découvre une personne qui porte sur lui un regard d’une nature inconnue jusqu’ici : égalitaire, amical et attentionné, alors qu’Hélène trouve en Antoine une oreille attentive, un regard curieux, une sincérité et une gentillesse désarmantes. Jusqu’à la dernière case, une œuvre littéraire et graphique magnifique.

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