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C’est ce soir!

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En attendant notre soirée littéraire (4)

D’ici au 13 octobre prochain -jour de la rencontre avec l’auteur belge Nicolas Ancion- nous tenterons de vous donner l’envie de découvrir son univers, son style, ses passions et sujets de révolte en publiant régulièrement des chroniques de ses livres.

Parce qu’il glande, qu’il en a marre de l’art contemporain, qu’il aimerait obtenir un poste de prof d’arts plastiques à la Province de Liège, parce qu’enfin la situation des ouvriers d’Arcelor Mittal le révolte, Richard turbine des neurones. Une idée, il est à la recherche d’une idée qui lui permettrait de transcender tous ces problèmes, de montrer que l’art, c’est autre chose,  ça doit vibrer et interpeller et si en plus si ça peut appuyer là où ça fait mal, par exemple sur les abus de pouvoir des grands capitaines d’industrie, c’est encore mieux. Et, de manière inespérée, l’idée surgit : enlever l’un d’entre eux, Lakshmi Mittal, rien que ça, et lui imposer la réalisation d’une série d’œuvre d’art sensées étaler les idées révolutionnaires de Richard au grand jour. Avec l’aide de Léon, ami de toujours, et d’Octavio, ouvrier mittalien sur le carreau, Richard orchestre son plan. Si les premières mesures s’avèrent plutôt réussies, le hasard et d’autres imprévus viendront progressivement gripper la partition initiale.

Publié en 2009, « L’homme qui valait… » porte en lui une partie des thèmes qui seront développés dans « Invisibles et remuants » : la dénonciation du capitalisme et des pratiques politiques scabreuses, la pensée unique, l’abrutissement généré par les tâches répétitives mais aussi par les médias et, en filigrane, une critique ironique et mordante de notre mode de vie. Mais limiter l’intrigue à ce volet « social » serait malhonnête et injuste puisque Nicolas Ancion prend soin d’habiller ce fond de plusieurs couches d’humour et de surréalisme proprement réjouissantes. Ajoutez à cela l’ambiance de franche camaraderie qui règne entre Richard, Léon, Octavio et d’autres seconds rôles tout aussi sympathiques,  et vous obtenez un roman belgo-liégeois parfaitement réussi.

En attendant notre soirée littéraire (3)

D’ici au 13 octobre prochain -jour de la rencontre avec l’auteur belge Nicolas Ancion- nous tenterons de vous donner l’envie de découvrir son univers, son style, ses passions et sujets de révolte en publiant régulièrement des chroniques de ses livres.

« Les ours n’ont pas de problème de parking » est un recueil de 8 nouvelles dans lesquelles on retrouve des petits moments banals qui se voient transformés en quelque chose d’extraordinaire, avec en filigrane, dans plusieurs d’entre elles, l’enfance ou ses souvenirs.

Imaginez jouets et peluches réglant leurs comptes en l’absence du petit monstre à qui ils appartiennent ; une autre nouvelle où il est question d’une collection d’autocollants Panini à l’effigie de footballeurs célèbres dérobée à son propriétaire et enjeu du match prévu le lendemain ou encore dans « Tête de Turc »,  ce monsieur turc qui endosse le rôle de Père Noël et qui ne peut s’empêcher de mettre en garde un jeune garçon qui exprime un souhait qu’un adulte semble lui avoir soufflé…

Parfois drôle, parfois grinçant, c’est sur un ton décalé que Nicolas Ancion nous raconte ces courtes histoires en y insufflant ce petit supplément de douce folie qui tantôt fait justice, tantôt réchauffe ou fait sourire.

En attendant notre soirée littéraire (2)

D’ici au 13 octobre prochain -jour de la rencontre avec l’auteur belge Nicolas Ancion- nous tenterons de vous donner l’envie de découvrir son univers, son style, ses passions et sujets de révolte en publiant régulièrement des chroniques de ses livres.

Invisibles et remuants

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L’Espagne sombre dans une crise économique qui affecte une grande partie de ses habitants, elle leur enlève leur emploi, ramène leur couverture sociale et médicale à des niveaux inconnus depuis un siècle, en jette même certains à la rue. C’est pour récolter des images de cette crise que le photographe Bruno Wagner est envoyé là-bas : il est chargé de rencontrer ceux qui sont le plus touchés, de recueillir leurs témoignages et surtout de les photographier.  Alors que Wagner prépare son départ, le colonel Stadler, des services secrets français, est avisé qu’un bioterroriste s’apprête à sortir de dangereux produits du pays. Le spectre d’une épidémie mortelle et à grande échelle le pousse à utiliser tous les moyens en sa possession. Les trajectoires du terroriste et du photographe vont se croiser, conduire Stadler à pourchasser Wagner et pousser ce dernier à la clandestinité dès son arrivée en Espagne. Là, il fera la connaissance d’Ivana et d’André, un médecin qui officie entièrement en clandestin en venant en aide aux plus démunis. Mais ces deux-là ont bien d’autres activités, plus répréhensibles aux yeux du pouvoir, surtout du pouvoir économique.

Adoptant la forme du thriller, Nicolas Ancion met ici en scène les abus des plus forts envers les plus faibles. Les plus forts étant les banques, les grandes entreprises anonymes et les politiques aux ordres. Les plus faibles ? Nous tous, qui croyons encore naviguer en démocratie, mais qui n’avons que si peu de prise sur la marche du monde et finalement, sommes bien plus à la merci de ces plus forts que nous ne le pensons. C’est justement à une frange de ces plus faibles, une frange qui a décidé de relever la tête et de se révolter qu’est consacrée le récit. En suivant le parcours de Wagner, Nicolas Ancion nous plonge dans un autre monde, celui de personnes que nous côtoyons quotidiennement et qui, sous leurs dehors de personnes normales, ont décidé d’enrayer la machine, de refuser de lui obéir et de prendre les armes. Truffé de passages d’un réalisme qui ouvre les yeux, un roman engagé, qui ne laisse pas indemne, interpelle et révolte.

En attendant notre soirée littéraire (1)

D’ici le 13 octobre prochain -jour de la rencontre avec l’auteur belge Nicolas Ancion- nous tenterons de vous donner l’envie de découvrir son univers, son style, ses passions et sujets de révolte en publiant régulièrement des chroniques de ses livres.

Pour commencer, nous allons vous parler de « Quatrième étage », un de ses premiers romans, publiés en  2000 et très joliment republié ce mois-ci chez Espace Nord.

quatrième étage

Bruxelles, par un beau matin d’avril, ciel bleu ensoleillé.

Le quatrième étage de cet immeuble est celui où vivent Thomas Eloy et son épouse Marie. Tous deux sont relativement âgés et Marie, malade et alitée. Dans cet appartement que leur loue un monsieur assez imbuvable du nom de Morgen, il y a également la famille d’Anchuso qui occupe la cuisine la journée ou la salle de bains la nuit (ou inversement), des jumeaux albanais qui vivent dans le couloir et les Varoum, une mère et son fils. Car, oui, Thomas s’est bien acquitté de son loyer chaque mois mais il est en retard pour le loyer des escaliers et également pour celui du couloir. Alors Morgen, vieux lui aussi, mais insensible et riche, a été obligé d’ajouter de nouveaux locataires.

Tout ça, Marie n’en sait rien car Thomas lui raconte des histoires ; des histoires pour la protéger puis d’autres qui l’aident à s’endormir…

Le quatrième étage, c’est là aussi que se rend Serge qui a accepté un peu malgré lui de prendre en charge un dépannage de sanitaires pour le compte de Roger, un vieux plombier pas très enjoué qui attendait impatiemment l’arrivée de son neveu Toni, censé venir lui filer un coup de main, comme souvent ces derniers temps. Mais voilà, Toni a eu un accident auquel Serge a assisté. Tenant à annoncer lui-même la nouvelle au vieux Roger, il emprunte le combi de police et débarque chez lui, mais à peine dit bonjour, Roger le supplie de palier à l’absence de son bon à rien de neveu et l’envoie pour un dépannage urgent.

Tout ça, ce n’est que le début de cet extraordinaire récit que nous sert Nicolas Ancion dans son roman. Plutôt que servir, le terme « raconter » est bien plus approprié car vraiment, quelle histoire et comme elle nous est bien racontée. Au travers de son écriture rythmée, enlevée, les personnages sont vivants, au cœur de situations embarrassantes, enchaînant les quiproquos au fil des pages et mêlant à son récit les pensées de ses personnages, des êtres humains  avec leurs forces et leurs faiblesses. En toile de fond, la ville de Bruxelles, plongée dans la misère. Un roman dense qui n’en a pas forcément l’air au premier regard ; c’est là qu’opère le ton de Nicolas Ancion mêlant situations cocasses et regard sarcastique sur une société qui pourrait bien être celle d’aujour

 

Fureur de Lire : venez!