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Un polar pour mémoire

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En Champagne-Ardennes, quelques jours avant la date anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, plusieurs lieux de mémoire sont profanés durant la même nuit. Slogans antisémites, saccages de monuments funéraires et autres tags de croix gammées et celtiques sont ainsi découverts. L’enquête échoue au service du commissaire Lartigue du SRPJ de Reims. Ce dernier oriente immédiatement les recherches de son équipe vers les milieux antisémites d’une part, et nationalistes d’autre part.

Parallèlement, nous suivons le chemin de Martin Thiéry, que la mort accidentelle de sa sœur a bouleversé. Ne croyant pas à la thèse de l’accident de voiture, il cherche désespérément un coupable. En outre, il est obsédé par les injustices du quotidien auxquelles personne ne semble prendre attention. Son métier de relieur lui met un jour entre les mains une édition richement illustrée du ‘Livre de l’Apocalypse’. Certaines images –un ange terrassant un dragon notamment- éveillent en lui des remèdes à ses obsessions.

A la croisée de la route de Lartigue et de Martin Thiéry, un homme : Abélard, porte-parole philosophe des sans-abris de la région. Ce dernier décèlera très rapidement la fragilité psychologique de Martin et tentera de lui venir en aide. Mais son action humaniste et pacificatrice lui vaudra de se retrouver dans la ligne de mire de ceux-là même que le commissaire Lartigue pourchasse.

Sur base de faits historiques avérés et qu’il n’est jamais inutile de rappeler, Philipe Bradfer construit une histoire policière qui n’a rien d’un prétexte. S’il ne manque pas de s’appuyer sur ces faits pour nous mettre en garde contre un regain des idées d’extrême droite, Bradfer n’en néglige pas pour autant le suspense.

Les amateurs de romans policiers dans lesquels le suspense ne faiblit jamais auront peut-être du mal avec ce bouquin. Tout d’abord, il y a un message –et l’on sent que l’auteur y tient : le nazisme, c’était il y a soixante ans et les plus jeunes, peu au fait de ses véritables ravages, se laissent trop facilement séduire par la simplification de son idéologie. Ensuite, l’intrigue n’est guère échevelée. Même si l’on ne peut parler d’un polar psychologique (à l’image d’un roman de Rendell par exemple), il faut reconnaître que tant le cadre (la Champagne-Ardenne) que les personnages au look de ‘monsieur-tout-le-monde’ nous donnent presque envie de parler de ‘polar rural’. Sans aucune arrière-pensée péjorative, au contraire.

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