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Nos préférés du moment sont deux romans, l’un français, l’autre belge.

Une station de la Côte d’Azur, hors-saison : la ville est calme, presque à l’abandon en comparaison de la frénésie qui l’agite pendant les mois d’été. Ici, Antoine est né, a grandi et vit aujourd’hui sa vie en tant qu’adulte, un statut qu’il a visiblement beaucoup de mal à intégrer. Star du club local de football, il est laissé pour mort devant l’hôpital, un matin…Et, à très peu d’intervalle, la nature se déchaîne et ravage le littoral, causant disparitions et noyades.

adam peine perdueLa mer, si chère à Olivier Adam, qu’on retrouve une fois encore au cœur de ce nouveau roman. Un style qui m’a paru différent, renouvelé, me permettrai-je de dire. Le récit se construit autour d’une série de personnages dont les vies se frôlent, se heurtent, s’entremêlent parfois. Vingt-deux vies écorchées, racontées tour à tour, en émotions. Des hommes et des femmes, jeunes pour la plupart, qui n’ont pas pu être là au bon moment, qui « n’ont pas pris le train qu’il fallait »…Et c’est pourtant sans misérabilisme que ces portraits se dessinent et s’enchaînent, reflet d’une société en perte de repères et d’avenir aussi. Un roman sombre mais empreint d’empathie et servi par une écriture directe, visuelle.

D’Antoine à Jeff, en passant par Eric et Léa, 22 tranches de vie avec au cœur de la narration, une question qui se profile tantôt ouvertement, tantôt beaucoup plus discrètement : qui a pu s’acharner avec tant de violence sur Antoine et pourquoi ?

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En deuil de Gaétan, Maarten Seebregs, la cinquantaine, se voit proposer un drôle de marché par Norbert Vandessel, un homme qu’il connaît depuis peu. Il s’agit simplement de se marier avec Tamara, la jeune africaine dont lui, Vandessel, est éperdument amoureux, et de faire tenir ce mariage le temps que les services d’immigration accordent la nationalité belge à la jeune femme et qu’ils desserrent leurs contrôles.  Pour ce « travail », Maarten recevra une conséquente somme d’argent mais devra respecter une condition : ne pas toucher Tamara. Par besoin d’argent d’abord, mais aussi parce qu’il est rapidement touché par la simplicité joyeuse et l’extrême franchise de la jeune femme, Maarten accepte le marché.

Oscillant sans cesse entre ironie mordante et sensibilité très pudique (quoique, attention, certaines scènes de sexe sont très crues…), Tom Lanoye orchestre de main de maître ce choc entre un européen homosexuel mélancolique, chagrin et revêche et une jeune africaine déterminée à vivre heureuse, campée sur ses convictions et sûre d’elle. La rencontre s’avèrera rude, chacun des nouveaux mariés apportant avec lui son passé et sa conception de l’existence. Presque à chaque instant, à chaque situation qu’ils rencontreront, Maarten fera le lien avec son ancienne vie de couple, laissant transparaître son chagrin, toujours vif, né de la perte de l’amour de sa vie. A l’inverse, Tamara vit de manière débridée, dépourvue d’apriori et semble éprouver une véritable affection pour Maarten, même si elle est loin de partager toutes ses opinions. Bien dans la lignée de ses précédents romans traduits en français, « Troisièmes noces » ravira les amateurs de Tom Lanoye dont la verve littéraire, l’humour permanent et le réalisme sans pitié étonnent toujours.

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Tom Lanoye, auteur-interprète d’un soir

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Troisième édition de nos ‘rencontres littéraires’ placées sous le signe de la Fureur de Lire, la soirée de vendredi aura marqué les participants. Par son humour, son ton direct et son professionnalisme, notre invité, Tom Lanoye, a très rapidement conquis son public. En fait de lecture à voix haute, il nous a livré une véritable interprétation de ses textes, tout en chaleur, en sensibilité et marquée du sceau de la sincérité. De « Tombé du ciel » (son dernier titre fraîchement sorti),  dont il nous a livré un long extrait,  aux « Boîtes en carton » pour finir par « La Langue de ma mère », c’est à une plongée souvent extrêmement drôle dans son œuvre romanesque que l’auteur nous a invité.IMG_8061 web grand

A l’invitation de plusieurs participants, il a également évoqué la situation politique belge, en abordant la situation à Anvers et les relations entre le monde politique et les artistes. Une soirée bien à l’image de ses textes donc : éclectique, surprenante et d’une sobre et incontestable intelligence. Du grand art, merci à lui!

(photos : Jean-Marie Willot)

Notre invité pour la Fureur de Lire : Tom Lanoye

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Présent ce week-end au Théâtre de Namur dans le cadre de l’Intime Festival, Tom Lanoye sera notre invité le vendredi 11 octobre, au Bistro du vendredi soir du centre culturel de Marchin.

Tom Lanoye (1958) est un romancier, poète, chroniqueur, scénariste et auteur de théâtre qui vit et travaille à Anvers (Belgique) et au Cap (Afrique du Sud). Il est un des auteurs les plus lus et les plus primés de son territoire linguistique (Pays-Bas et Flandre), il est également très prisé par tous les grands festivals européens. Son nom se prononce à la française : /lanwa/.

Parmi ses œuvres, deux romans autobiographiques ont particulièrement retenu notre attention : « Les boîtes en carton », dans lequel il parle de son enfance en Flandre et de la naissance de son premier amour, et « La langue de ma mère », considéré comme une suite du précédent,  où il parle de sa mère, comédienne amateur, qui perd l’usage de la parole. Tendres et drôles, ces deux romans révèlent une voix très attachante, un auteur au ton très belge, entre ironie, engagement et sensibilité.

Afin de vous permettre de vous familiariser avec son oeuvre, nous avons acquis plusieurs exemplaires de ses deux romans traduits en français : n’hésitez pas à passer à la bibliothèque pour les emprunter.